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L’Europe a connu des inondations records en 2024, qu’en est-il des années à venir ?

Rob Laurens

L’année dernière, l’Europe a connu des inondations d’une ampleur sans précédent depuis 2013, affectant environ un tiers de son réseau fluvial. Le rapport de l’observatoire Copernicus, en collaboration avec l’Organisation météorologique mondiale, souligne que 2023 figure parmi les dix années les plus pluvieuses depuis 1950.

En 2023, les inondations ont impacté environ 413 000 personnes et ont causé la mort d’au moins 335 individus, selon Samantha Burgess du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme. Les pertes économiques s’élèvent à environ 18 milliards d’euros, illustrant les conséquences dramatiques du réchauffement climatique.

La tempête Boris, en septembre, a provoqué des précipitations équivalentes à trois mois de pluie en seulement cinq jours, entraînant des inondations dans huit pays d’Europe centrale et orientale. Le mois suivant, des tempêtes méditerranéennes ont ravagé la province de Valence en Espagne, causant 232 décès.

Durant le début de l’année 2024, chaque mois a été marqué par des inondations majeures en Europe. Des événements climatiques intenses ont touché le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, l’Allemagne et la Suisse, avec des niveaux de rivières atteignant des records jamais vus depuis 33 ans.

Les précipitations abondantes dans l’ouest de l’Europe contrastent avec la sécheresse et la chaleur de l’est. Ce phénomène, selon Burgess, résulte de systèmes de pression opposés plutôt que du changement climatique direct, bien que l’atmosphère plus chaude et humide exacerbe les tempêtes.

Florence Rabier de l’ECMWF rappelle que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, la positionnant comme un point chaud du changement climatique. En 2024, les températures records ont aussi contribué à la fonte rapide des glaciers européens et à l’augmentation des températures marines.

Andrew Ferrone, coordinateur scientifique de l’UE, insiste sur l’urgence d’agir : « Il est urgent d’agir, car la gravité du risque devrait atteindre des niveaux critiques ou catastrophiques d’ici le milieu ou la fin de ce siècle. » Chaque fraction de degré évitée est cruciale pour réduire ces impacts.

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