
Alexander Venner, durant ses études secondaires, a participé au projet de science citoyenne Planet Hunters, une initiative qui l’a inspiré à poursuivre une carrière scientifique. Plus tard, il a effectué son doctorat en exoplanétologie à l’Université du Queensland du Sud en Australie, où il a continué à exploiter les données de ce programme participatif pour identifier des mondes fascinants.
Venner et ses collègues ont récemment annoncé la découverte d’une exoplanète remarquable autour de l’étoile HD 137010. Cette planète s’était dissimulée pendant longtemps dans les données collectées par le télescope spatial Kepler de la NASA avant l’arrêt de sa mission. Les données des transits planétaires révèlent enfin cette monde caché à environ 146 années-lumière de notre système solaire.
L’astronomie des exoplanètes a connu une croissance exponentielle depuis 1995, lorsque les premiers mondes orbitant autour d’étoiles de la séquence principale ont été confirmés. Le catalogue des exoplanètes dépasse actuellement les 7 950 découvertes confirmées. Les chercheurs suisses Michel Mayor et Didier Queloz ont d’abord mis en évidence l’existence des Jupiters chaudes, des géantes gazeuses inopinément proches de leurs étoiles, contraste marquant avec notre configuration solaire où Mercure demeure bien plus lointaine du Soleil.
HD 137010 b possède un diamètre dépassant de seulement 6 pour cent celui de la Terre, accomplissant son orbite en environ 355 jours terrestres. Cependant, son étoile hôte est une naine orange de type K, légèrement moins chaude que notre Soleil. La planète orbite à la limite précaire de la zone habitable, où les conditions pour l’eau liquide restent incertaines. Sa température de surface estimée avoisine moins 68 degrés Celsius, comparable à celle de Mars.
Les scientifiques cherchent actuellement des exoTerres, des mondes rocheux semblables à la Terre situés dans les zones habitables d’étoiles. Les découvertes antérieures se concentraient principalement autour de naines rouges, beaucoup plus petites et sombres que notre Soleil. Ces étoiles rouges exposent leurs planètes à des radiations énergétiques destructrices qui pourraient dépouiller leur atmosphère. La configuration de HD 137010 b diffère favorablement, son étoile hôte partageant davantage de similarités avec notre Soleil.
Si HD 137010 b possède une atmosphère semblable à celle de la Terre ou de Mars, elle demeurait extrêmement froide. Néanmoins, une atmosphère plus dense pourrait générer un effet de serre suffisant pour maintenir de l’eau liquide, créant ainsi des conditions potentiellement favorables à l’émergence de la vie. Les futures missions d’imagerie directe comme l’Habitable Worlds Observatory pourraient observer cette planète candidate.
La confirmation définitive de cette exoplanète présente des défis, car ses transits restent rares vu sa distance orbitale à son étoile. Cependant, les satellites Tess et Cheops peuvent maintenant détecter ces évènements. Au-delà de la simple détection et caractérisation atmosphérique, les astronomes espèrent rechercher des biosignatures potentielles, des indices chimiques révélant la présence de vie biologique sur ce monde lointain.



