
Europe, satellite glacé de Jupiter, fascine les astrobiologistes depuis des décennies. Sous sa croûte gelée s’étend un océan d’eau liquide renfermant deux fois plus d’eau que tous les océans terrestres. Cependant, une récente étude de la NASA révèle que la barrière de glace séparant cet océan du vide spatial est considérablement plus épaisse et imperméable qu’on l’espérait initialement.
Le débat scientifique qui divisait la communauté depuis les années 1970 vient enfin de se conclure. Des chercheurs avançaient l’hypothèse d’une fine croûte glaciaire inférieure à 1,6 kilomètre, tandis que d’autres imaginaient une couche beaucoup plus imposante. Les données de la sonde Juno de 2022 ont tranché définitivement. À l’aide d’un radiomètre à micro-ondes, les scientifiques du Jet Propulsion Laboratory ont déterminé que la coquille présente une épaisseur d’environ 28,9 kilomètres.
Les responsables de la NASA précisent que cette estimation pourrait même être minimale. Si une couche de glace plus chaude et convective existe sous la surface froide, l’épaisseur totale pourrait s’avérer encore plus conséquente. Une présence massive de sel dissous pourrait réduire ce chiffre d’environ cinq kilomètres, mais la barrière resterait colossal.
Cette découverte revêt une importance capitale pour l’habitabilité d’Europe. Les nutriments chimiques vitaux générés par le bombardement de radiations joviennes à la surface doivent traverser la glace pour atteindre l’océan souterrain. Une écorce de trente kilomètres rend ce trajet infiniment plus ardu. Les microbes hypothétiques seraient privés des ingrédients nécessaires pour soutenir une biologie complexe.
L’épaisseur de la glace constitue seulement une partie du puzzle. La structure interne demeure cruciale : des failles, des cheminées ou des lacs intra-glaciaires pourraient créer des chemins alternatifs pour les nutriments. Deux missions spatiales majeures arriveront bientôt pour approfondir notre compréhension. Europa Clipper atteindra Jupiter en 2030, suivi de la mission européenne JUICE en 2031. Ces missions disposeront de radars pénétrants encore plus performants pour explorer cette formidable muraille glaciaire.



