Archéologie

Des fouilles remarquables dans le Pas-de-Calais mettent au jour d’importants vestiges gallo-romains

Esteban Ortega

Au printemps, des fouilles préventives menées à Annay-sous-Lens ont permis de mettre au jour des vestiges s’échelonnant de la Première Guerre mondiale jusqu’au premier siècle de notre ère. L’équipe de l’Inrap a dégagé des traces de conflits, des inhumations, une ancienne voie romaine, des tombes à incinérations, ainsi que des vases et des bûchers funéraires. Ces découvertes proviennent d’un site destiné à accueillir de nouveaux lotissements dans le Pas-de-Calais.

Les trouvailles les plus remarquables concernent une vaste nécropole gallo-romaine et une route antique bien préservée. Ces vestiges offrent des informations précieuses sur l’organisation des zones rurales et les rituels funéraires pendant l’époque romaine. Ils témoignent de l’importance de cette région dans le système d’infrastructure de l’Empire.

Les archéologues ont examiné une surface de 9 500 mètres carrés où ont été identifiées 263 structures. La majorité d’entre elles datent du vingtième siècle, notamment des périodes des deux guerres mondiales. Des fosses contenant des débris métalliques et des vestiges liés à la fabrication de briques ont également été retrouvés, industrie autrefois florissante dans cette localité.

Une voie romaine du Ier siècle s’étend sur plus de 155 mètres en direction nord-ouest sud-est. Cette route secondaire reliait vraisemblablement les zones campagnardes au réseau routier principal romain. Bien que les couches de circulation aient disparu, les chercheurs ont observé des traces de calcaire tassé et des réfections successives indiquant un entretien régulier de la chaussée.

À proximité de cette voie, une nécropole contenant 38 sépultures a été découverte, composée principalement de crémations du premier siècle. Les restes brûlés reposaient dans des fosses, souvent dans des récipients en céramique accompagnés d’offrandes. Deux zones de crémation ont aussi été localisées, situation jugée inhabituelle car ces espaces funéraires étaient généralement situés en retrait.

Une tombe isolée datant des IIIe ou IVe siècles a également été mise au jour. Contrairement aux autres défunts crémés, cette personne a été inhumée dans une fosse rectangulaire, allongée sur le dos dans un cercueil en bois. Des clous, un vase, une paire de chaussures et deux monnaies accompagnaient le squelette. Les raisons de cet enterrement solitaire, longtemps après l’abandon de la nécropole, demeurent énigmatiques.

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