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Les ouragans terrestres perturbent-ils réellement les trajectoires des satellites en orbite selon la NASA ?

Annabelle Chesnu

En septembre 2024, l’ouragan Helene a provoqué des phénomènes remarquables dans la mésosphère, une région peu connue de l’atmosphère terrestre située entre 50 et 90 kilomètres d’altitude. La station spatiale internationale a détecté des vagues atmosphériques invisibles depuis la surface. L’instrument Atmospheric Wave Experiment installé à bord a capturé ces ondes créées par les puissants vents et précipitations de la tempête, révélant des interactions inattendues entre les phénomènes météorologiques extrêmes et les couches supérieures de l’atmosphère.

Selon Michael Taylor, chercheur affilié à la NASA, ces observations montrent une connexion entre météorologie terrestre et atmosphère haute. Les tempêtes génèrent des ondes comparables à des vagues formées dans l’air, qui se propagent bien au-delà de la troposphère. Ces découvertes bouleversent la conception antérieure selon laquelle les événements climatiques extrêmes restaient isolés dans les couches basses de l’atmosphère et ne perturbaient pas les régions mésosphériques.

Les fluctuations de densité atmosphérique causées par ces vagues peuvent affecter les trajectoires des satellites en orbite. Les variations mésosphériques perturbent les satellites malgré une densité extrêmement faible. Bien que les effets soient généralement faibles, ils influencent les performances des équipements essentiels comme les systèmes de navigation et les télécommunications. Une meilleure compréhension de ces perturbations s’avère cruciale pour ajuster les paramètres des satellites et compenser les déviations progressives d’orbite.

Des outils de pointe comme l’Advanced Mesospheric Temperature Mapper permettent de décrypter ces phénomènes invisibles. Ces capteurs mesurent les fluctuations thermiques dans des conditions extrêmes mésosphériques. Les données recueillies révèlent des interactions jusqu’alors inaperçues entre les événements météorologiques et les régions supérieures. Selon des rapports publiés dans Geophysical Research Letters, ces interactions pourraient affecter la dynamique des courants-jets et contribuer aux variations climatiques globales.

La communauté scientifique plaide pour un renforcement de la coopération internationale face aux enjeux croissants. La NASA, l’ESA et autres agences spatiales coordonnent leurs efforts mutualisés. Des programmes comme le Global Atmospheric Watch de l’Organisation météorologique mondiale visent à mieux comprendre l’impact des tempêtes sur la dynamique atmosphérique. Cette approche concertée permettrait d’améliorer les prévisions météorologiques à long terme et d’anticiper les effets du changement climatique sur l’environnement spatial futur.

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