
Pendant plusieurs siècles, la comète de Halley a porté le nom d’Edmond Halley, l’astronome anglais qui démontra au dix-septième siècle que certaines comètes réapparaissaient à intervalles réguliers dans le ciel terrestre.
Une recherche de l’université de Leyde aux Pays-Bas, divulguée le vingt-trois janvier, révèle une découverte surprenante : cette périodicité était comprise six cents ans avant Halley. Les chercheurs hollandais affirment qu’Eilmer de Malmesbury, un moine bénédictin, aurait calculé le premier le cycle de cet astre bien avant l’époque moderne.
L’astrophysicien Simon Portegies Zwart et l’historien Bob Zwart Lewis ont croisé des données astronomiques avec des textes médiévaux. Leur analyse montre qu’Eilmer établit un lien entre deux apparitions du même astre, observées en neuf cent quatre-vingt-neuf et mille soixante-six. Cette découverte constitue la plus ancienne reconnaissance d’une comète périodique jamais identifiée dans l’histoire.
Guillaume de Malmesbury, historien respecté du douzième siècle, rapporta qu’un moine âgé nommé Eilmer observa la comète de mille soixante-six. Ce religieux reconnut alors qu’il s’agissait de la même étoile vue dans sa jeunesse, plusieurs décennies auparavant. Après cette prise de conscience, Eilmer annonça que ce retour présageait des bouleversements politiques, conformément aux croyances médiévales qui interprétaient les phénomènes astronomiques comme des signes divins.
En mille soixante-six, cet événement céleste fut largement documenté. Les astronomes impériaux chinois l’observèrent pendant plus de deux mois, notant un pic lumineux le vingt-deux avril. En Europe, elle devint visible à partir du vingt-quatre avril, peu avant la conquête normande de l’Angleterre. La comète apparaît sur la tapisserie de Bayeux, où des villageois inquiets la désignent du doigt tandis qu’un conseiller avertit le roi Harold II de ce mauvais présage.
Les chercheurs affirment que la compréhension du monde s’est construite bien avant la révolution scientifique. Travailler entre astronomie et histoire médiévale oblige à repenser certaines idées, expliquent-ils. Cette étude pourrait mener à la reconnaissance officielle d’Eilmer de Malmesbury comme le premier homme ayant perçu la régularité des mouvements célestes.



