Espace

Comment les tests révolutionnaires expliquent les défis majeurs de l’atterrissage martien ?

Esteban Ortega

Atterrir sur Mars reste une opération extrêmement complexe, bien que la NASA ait développé des solutions efficaces comme le Sky Crane. L’Europe a subi deux revers majeurs : l’échec de Beagle 2 en 2003 et celui de Schiaparelli en 2016. Ces expériences malheureuses ont motivé une approche plus prudente pour les futures missions.

Thales Alenia Space et Airbus préparent actuellement la plateforme d’atterrissage du rover Rosalind Franklin pour ExoMars 2028, avec un objectif d’atterrissage en 2030. Le défi majeur consiste à franchir les « sept minutes de terreur », cette période critique allant de l’entrée atmosphérique jusqu’au contact avec le sol martien, désignée par l’acronyme EDL.

Dans les laboratoires d’Altec à Turin, en Italie, les deux entreprises ont mené une série d’essais rigoureux sur un prototype du module de descente. Des chutes contrôlées ont été effectuées à différentes vitesses et hauteurs, sur des surfaces variées imitant le terrain martien. Ces simulations incluaient tant des sols durs que des terrains meubles pour reproduire la diversité des conditions possibles sur la Planète rouge.

Les jambes d’atterrissage jouent un rôle fondamental pour assurer à la fois un impact sécurisé et une stabilité après la pose. Elles doivent supporter les chocs violents et maintenir la plateforme en équilibre, notamment lors d’atterrissages inclinés ou sur des surfaces rocheuses. Benjamin Rasse, responsable de l’équipe ESA pour le module ExoMars, insiste sur l’importance cruciale : la plateforme ne doit surtout pas basculer au contact du sol.

Les capteurs de contact constituent un autre élément critique validé par ces essais. Ils déterminent l’instant précis où le module touche le sol et envoient le signal pour couper les moteurs de descente. Les ingénieurs visent un délai inférieur à 200 millisecondes entre le contact et l’arrêt de la poussée, afin d’éviter tout soulèvement ou renversement de l’engin spatial.

Les tests futurs approfondiront cette validation en augmentant les vitesses de chute et en simulant des atterrissages fortement inclinés. Bien qu’une horizontalité parfaite ne soit pas indispensable, l’inclinaison doit rester limitée pour permettre au rover de descendre sans risque sur la surface martienne.

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