Civilisations

L’analyse génétique de sept momies désertiques intactes pourrait révéler les clés manquantes pour comprendre cette ancienne civilisation disparue

Aliou Sembène

Une découverte exceptionnelle dans le désert saoudien révèle sept guépards momifiés naturellement, préservés par l’aridité extrême des grottes. Ces corps anciens pourraient détenir les clés génétiques pour restaurer l’espèce dans la péninsule arabique, où elle a disparu officiellement en 1977.

Historiquement, le guépard occupait un vaste territoire s’étendant de l’Afrique du Sud à l’Inde. La chasse intensive et les changements climatiques ont réduit drastiquement son habitat. En Asie, sa distribution a chuté de 98 pourcent au cours des millénaires, le confinant progressivement à des zones toujours plus restreintes.

L’équipe du biologiste Ahmed Boug a exploré cinq grottes près d’Arar entre 2022 et 2023, mettant au jour un véritable cimetière préhistorique. Parmi 54 ossements de félins découverts, sept guépards momifiés présentaient un état de conservation remarquable, grâce à la minéralité du sable et à l’absence totale d’humidité du désert.

L’analyse génétique de trois momies a produit des résultats surprenants. Les résultats dévoilent une diversité génétique insoupçonnée au sein des populations historiques. Tandis qu’une momie appartient à la lignée asiatique, deux autres présentent des affinités génétiques avec le guépard nord-africain, prouvant que la péninsule était un carrefour biologique complexe où différentes sous-espèces coexistaient.

Cette révélation génétique transforme les perspectives de conservation. La diversité génétique passée justifie scientifiquement l’hybridation avec des populations africaines pour reconstituer une population viable. Les chercheurs espèrent que cette connaissance du patrimoine génétique permettra de rétablir l’espèce en Arabie saoudite dans les années à venir.

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