Animaux

L’expérience scientifique menée auprès des rongeurs a permis de relancer la vie après l’explosion du mont Saint Helens

Rob Laurens

En mai 1980, l’éruption du mont Saint Helens aux États-Unis a transformé des dizaines de kilomètres carrés en désert minéral stérile. Une explosion latérale d’une violence extrême a rasé forêts et sols, les recouvrant d’une épaisse couche de cendres et de débris volcaniques. Les scientifiques s’attendaient à une reconstruction très lente et incertaine de l’écosystème détruit.

Deux ans après la catastrophe, des chercheurs ont testé une approche novatrice : introduire temporairement des gaufres, des rongeurs fouisseurs, sur certaines parcelles expérimentales. Ces animaux peuvent déplacer jusqu’à 227 kilogrammes de sol par mois. L’hypothèse reposait sur leur capacité à remodeler le sol et à ramener en surface les couches anciennes enfouies sous la ponce stérile.

Sous la couche volcanique superficielle, les sols plus profonds conservaient encore des bactéries et des champignons vivants. En remontant ces sols, les gaufres pouvaient réactiver les micro-organismes essentiels à la régénération de l’écosystème. Ces micro-organismes régulent les cycles nutritifs et favorisent la repousse des plantes, même dans les conditions les plus difficiles.

Bien que confinés durant une seule journée, les rongeurs ont produit des effets remarquables et durables. Six ans après l’expérience, plus de 40 000 plantes prospéraient là où les gaufres avaient fouillé, tandis que les terrains adjacents restaient nus. Quarante ans plus tard, les analyses révélaient des communautés bactériennes et fongiques plus diversifiées que dans les forêts anciennes environnantes.

Les champignons mycorhiziens se sont avérés les véritables artisans de cette renaissance. Ces champignons ont recycié les nutriments des aiguilles tombées et alimenté la repousse rapide des arbres qui ont fait leur retour presque immédiatement à certains endroits. Cette symbiose invisible entre champignons et racines démontre comment la nature peut se reconstruire grâce à des alliances biologiques complexes et souvent méconnues.

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