
La grotte de Des-Cubierta a occupé une place distinctive dans la vie des Néandertaliens, selon les découvertes archéologiques récentes. Trente-cinq crânes d’animaux à cornes y ont été mis au jour, provenant d’aurochs et de rhinocéros des steppes. Ces vestiges s’accompagnent de dents et d’outils de pierre attestant la présence de ces hominidés anciens sur le site.
Les indices suggèrent que le feu était maîtrisé dans cette cavité. Cependant, la rareté quasi absolue d’autres restes osseux indique que les animaux n’ont pas été tués sur place. Cette observation porte à croire que seules les têtes ont été volontairement apportées, écartant ainsi une simple fonction nutritionnelle.
La sélection minutieuse et le dépôt répété de ces crânes cornés orientent les chercheurs vers une interprétation de nature symbolique. Ces objets auraient pu revêtir la forme de trophées de chasse ou posséder une valeur rituelle particulière. Bien que leur usage exact demeure énigmatique, cette accumulation révèle une capacité néandertalienne à la pensée abstraite et aux comportements symboliques.
La datation précise des crânes reste problématique. Néanmoins, des analyses uranium-thorium menées sur du charbon de bois et une stalagmite découverts in situ fournissent une fourchette chronologique. Ces dépôts s’échelonneraient entre 135 000 et 50 000 ans avant notre ère, couvrant une période considérable.
Les crânes sont dispersés dans une couche sédimentaire épaisse de plusieurs mètres, révélant qu’ils n’ont pas été introduits simultanément. Les analyses spatiales montrent que les sédiments se sont accumulés suite à des éboulements successifs entrecoupés de périodes plus calmes. Les crânes s’intercalent précisément dans ces phases stables, indiquant un comportement répété sur des générations successives. Cette pratique ne résulte pas d’un événement isolé, mais d’épisodes réitérés selon un objectif spécifique demeurant mystérieux.



