Animaux

Les motifs en zigzag que tissent certaines araignées sur leurs toiles revêtent une importance particulière pour leur survie

Baptiste Lacomme

L’Argiope bruennichi, communément appelée épeire frelon, se distingue par son abdomen rayé de jaune et noir. Cette araignée, présente du sud de l’Europe jusqu’en Suède, mesure entre quatre et six centimètres d’envergure. Son corps ne dépasse que un à deux centimètres, tandis que les mâles restent plus petits et moins colorés.

Sur leurs toiles, ces araignées créent des motifs zigzag appelés stabilimenta. Postées au centre avec leurs pattes étalées en X, elles attendent leurs proies. Dès qu’un insecte touche la toile, elles le détectent en moins de trente millisecondes grâce aux soies sensorielles recouvrant leurs pattes. Elles l’enveloppent alors dans la soie avant de le paralyser avec leur venin inoffensif pour l’homme.

Plusieurs espèces d’araignées construisent ces stabilimenta, notamment certaines du genre Cyclosa et de la famille des Uloboridae. Des chercheurs suédois et italiens ont observé durant trois ans trois populations d’épeires frelon. Chez les adultes, les zigzags s’orientent verticalement entre deux rayons rapprochés. Les juvéniles construisent plutôt des plateformes circulaires autour du centre. Dans la moitié des cas, ces décorationsresteront absentes.

Pendant longtemps, on a cru que le stabilimentum stabilisait la toile en augmentant sa masse. Les scientifiques ont plutôt envisagé qu’il attire les proies en réfléchissant les ultraviolets ou qu’il dissuade les prédateurs. Certaines espèces ajoutent même des débris pour créer l’illusion d’une araignée plus grande. Cependant, aucune étude n’avait exploré sa fonction mécanique.

Par simulations numériques, les chercheurs ont examiné comment ces stabilimenta affectent la propagation des vibrations jusqu’au centre de la toile. Ils ont utilisé un modèle simplifié avec seize rayons. Le résultat révèle que le stabilimentum amplifie les vibrations tangentielles le long des fils en spirale. Cette amplification pourrait faciliter la localisation de la proie grâce à une meilleure connectivité de la toile.

Pour l’araignée, la toile fonctionne comme une extension de son corps sensoriel. Ces simulations apportent de nouveaux éléments de compréhension, bien que les chercheurs reconnaissent la nécessité d’affiner davantage ces résultats. La grande variabilité des stabilimenta entre individus et espèces demande en effet des investigations plus poussées.

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