Archéologie

Un trésor rituel de deux mille cinq cents ans révélé dans un temple grec jusqu’alors méconnu

Aliou Sembène

Les archéologues ont découvert sur l’île d’Eubée, la deuxième plus grande de Grèce, un temple grec inconnu datant du VIIe siècle avant notre ère. Situé à proximité immédiate du célèbre sanctuaire d’Artémis d’Amarysia, cet édifice mesure environ 30 mètres de long et s’inscrit dans la tradition des grands temples archaïques. Les fouilles menées en 2023 ont mis au jour l’intégralité du bâtiment impressionnant par ses dimensions.

Le temple possède des murs extérieurs bien préservés et une arche ornant sa façade ouest. Son intérieur révèle plusieurs foyers servant probablement d’autels rituels, dont l’un présente une forme distinctive en fer à cheval. Des couches épaisses de cendres mêlées à des ossements calcinés témoignent de sacrifices répétés pendant plusieurs générations. Certaines poteries découvertes remontent même à la fin du VIIIe siècle avant notre ère, suggérant une occupation bien antérieure à la construction du temple.

Les autels ont livré des trésors remarquables : albâtre corinthien, vases attiques, cruches locales, amulettes et objets en bronze et fer. Plus spectaculaire encore, les archéologues ont exhumé bijoux en or, argent, corail et ambre, attestant de la richesse des offrandes et de contacts avec des régions lointaines du monde méditerranéen et oriental, révélant l’importance de ce sanctuaire ancien.

Le bâtiment a été construit en briques grossières sur des fondations en pierres sèches, érigé sur un sol marécageux. Des piliers longeant les murs intérieurs supportaient un toit de tuiles. Les archéologues ont identifié des traces d’un incendie ancien, ayant entraîné la construction de cloisons protectrices et l’ajout d’une nouvelle aile à la fin du VIe siècle avant notre ère.

Les niveaux les plus anciens du site révèlent une occupation beaucoup plus ancienne. Des figurines en bronze de la période géométrique représentant des taureaux et un bélier, ainsi qu’une tête de taureau en argile mycénienne, ont été découvertes. Des vestiges de bâtiments du IXe siècle avant notre ère montrent que le site était habité bien avant l’édification du temple.

Des fouilles sur la colline voisine ont même révélé d’imposants murs préhistoriques du début de l’âge du cuivre, faisant partie d’un système de fortification ancien. Selon le ministère grec de la Culture, ces découvertes indiquent que le culte s’est profondément enraciné dans la région peu après la fin de la période mycénienne, transformant ce sanctuaire en un lieu sacré majeur pendant plusieurs millénaires.

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