
En 1693, un agriculteur découvrit accidentellement un objet remarquable en or, émaillé et orné de cristal de roche en labourant ses terres à North Petherton, en Angleterre du sud-ouest. L’inscription gravée autour du bijou médiéval révéla son importance : « AELFRED MEC HEHT GEWYRCAN », signifiant « Alfred m’a ordonné d’être fabriqué ». Cette simple mention établissait un lien direct avec une figure majeure de l’histoire anglaise.
Actuellement conservé au musée Ashmolean de l’université d’Oxford, cet artefact fut créé entre 871 et 899 sous le règne d’Alfred le Grand. Ce monarque débuta comme roi du Wessex avant d’étendre son autorité sur une grande partie du territoire en 886, lui permettant d’être reconnu comme le premier roi d’Angleterre.
Le bijou mesure 6,2 centimètres par 3,1 centimètres et présente une figure humaine ornée de nombreuses petites cavités d’émail coloré, encadrées de minces bandes d’or. Sa base comporte un élément rappelant la gueule d’un serpent ou d’un dragon contenant un logement cylindrique. Les experts identifient cet objet comme l’extrémité d’un aestel, un marque-page destiné à la lecture utilisé au Moyen Âge.
Alfred le Grand, connu pour avoir repoussé les invasions vikings et pour son intérêt pour l’érudition, faisait traduire des textes religieux en vieil anglais. Il distribuait ces traductions aux évêques de son royaume accompagnés de ce type d’objet précieux, combinant thus fonction pratique et prestige royal.
Le bijou fut découvert près de l’abbaye d’Athelney, un site stratégique dans la résistance d’Alfred contre les Vikings. Le musée Ashmolean considère désormais cet objet comme l’une des reliques royales les plus significatives d’Angleterre, incarnant le pouvoir et l’influence du premier roi d’Angleterre.



