EspacePlanète

Des astronomes font une découverte intrigante sur la lune de Saturne : elle relance l’existence d’une potentielle vie extraterrestre

Annabelle Chesnu

Lancée en 1997, la sonde Cassini-Huygens a marqué l’histoire de l’exploration spatiale en s’intéressant à Saturne et à son cortège de lunes. Son périple s’est conclu en 2017 par une descente finale dans l’atmosphère de la géante aux anneaux, mais ses découvertes continuent de nourrir la recherche.

Récemment, des astronomes allemands ont revisité les données collectées par Cassini, focalisant leur attention sur Encelade. Cette petite lune, parmi les centaines qui gravitent autour de Saturne, intrigue la communauté scientifique depuis que Cassini y a détecté un océan sous sa surface gelée.

Il y a vingt ans, l’existence de ce vaste océan souterrain avait été suggérée grâce à l’observation de geysers d’eau s’échappant à proximité du pôle sud d’Encelade. Les grains de glace éjectés par ces jets finissent parfois dans l’espace, alimentant l’anneau E de Saturne, ou retombent à la surface de la lune.

Au cours de sa mission, Cassini a permis d’identifier de nombreuses molécules organiques dans ces grains, y compris des précurseurs d’acides aminés, des composés jugés essentiels à l’apparition de la vie. Cependant, il subsistait un doute quant à la fraîcheur de ces échantillons, certains ayant pu subir les effets du rayonnement cosmique pendant des siècles.

Pour contourner ce problème, les chercheurs ont exploité des données recueillies lors d’un passage rapproché de Cassini à travers les jets d’eau d’Encelade en 2008. À cette occasion, des grains de glace nouvellement éjectés ont été analysés par l’instrument Cosmic Dust Analyzer, à une vitesse de 18 km/s, préservant ainsi la signature chimique des molécules piégées.

Après plusieurs années d’analyses, ces travaux viennent d’être publiés dans la revue Nature Astronomy. Les scientifiques y rapportent la détection de composés déjà identifiés, mais aussi de nouvelles molécules, telles que des esters, des éthers, des alcènes cycliques et potentiellement des composés azotés et oxygénés.

Ces résultats sont d’autant plus importants que, comme le souligne Frank Postberg, co-auteur de l’étude : « Nos travaux montrent que ces molécules ne sont pas le résultat d’une longue exposition à l’espace, mais qu’elles sont facilement disponibles dans l’océan d’Encelade ». Cette découverte relance l’intérêt pour la lune glacée en tant que lieu propice à l’émergence de la vie.

Dans cette perspective, certains chercheurs au sein de l’Agence spatiale européenne envisagent déjà une nouvelle mission vers Encelade. L’objectif serait de survoler à nouveau les geysers, voire d’atterrir près du pôle sud pour y prélever des échantillons à la recherche de traces de vie.

Toutefois, même l’absence de signes biologiques serait riche d’enseignements. Comme le rappelle Nozair Khawaja, auteur principal de l’étude : « ne finalement rien trouver sur Encelade serait déjà une découverte majeure, car cela soulèverait de sérieuses questions sur les raisons pour lesquelles la vie n’est pas présente dans un tel environnement alors que les conditions y sont réunies ». Les mystères d’Encelade restent donc entiers et continuent de stimuler la curiosité scientifique.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer