La maladie de Parkinson résulte de la dégénérescence des neurones producteurs de dopamine. Cette destruction cellulaire provient de l’accumulation d’une protéine anormale, l’α-synucléine, qui se transmet progressivement entre les cellules nerveuses. Bien que cette protéine existe naturellement dans le cerveau, chez les patients atteints elle adopte une structure déformée et prolifère de manière incontrôlée.
Des chercheurs ont récemment publié dans Nature Communications une avancée majeure : l’identification du mécanisme permettant la propagation de cette protéine. Cette découverte pourrait conduire à des traitements capables de freiner l’évolution de la pathologie. L’accumulation d’α-synucléine dans les cellules motrices engendre des troubles du mouvement, des tremblements, des déséquilibres et une lenteur motrice qui s’intensifient progressivement.
Pour valider leur théorie selon laquelle l’α-synucléine mal repliée pénètre les cellules en se fixant à des protéines spécifiques, Stephen M. Strittmatter et ses collaborateurs ont testé 4 400 variantes cellulaires. Chaque version présentait différentes protéines membranaires. Parmi les 16 protéines capables de se lier à l’α-synucléine déformée, deux se révélèrent particulièrement importantes : mGluR4 et NPDC1. Ces dernières facilitent l’entrée de la protéine pathologique à l’intérieur des neurones dopaminergiques.
Les expériences sur les souris ont confirmé cette hypothèse. Des rongeurs génétiquement modifiés, dépourvus de versions fonctionnelles de mGluR4 ou NPDC1, n’ont pas développé les symptômes observés chez les souris normales traitées à l’α-synucléine mal repliée. L’inactivation génétique de ces protéines a réduit la mortalité et ralenti la progression symptomatique dans les modèles murins de la pathologie.
Le Dr Strittmatter souligne que cibler directement la propagation de l’α-synucléine pourrait arrêter l’évolution de la maladie. Les thérapies actuelles atténuent uniquement les manifestations cliniques sans freiner la neurodégénérescence. Cette nouvelle approche ouvre des perspectives thérapeutiques novatrices, permettant potentiellement de stabiliser ou même de stopper l’aggravation de la maladie de Parkinson chez les patients.



