Santé

Pourquoi devez-vous absolument arrêter de dormir la bouche ouverte ?

Baptiste Lacomme

Alors que respirer par la bouche durant la nuit peut sembler inoffensif, cette pratique n’est pas conforme à la façon dont notre organisme est conçu. En principe, même en dormant, la respiration devrait se faire par le nez. Pourtant, de nombreux facteurs peuvent perturber ce mécanisme naturel.

Certains épisodes, comme un rhume ou des allergies, entraînent une obstruction temporaire du nez, obligeant à ouvrir la bouche pour respirer. Mais pour d’autres, le problème est chronique, résultat d’anomalies telles qu’une déviation de la cloison nasale, la présence de polypes ou une hypertrophie des amygdales ou adénoïdes.

Le fait de dormir sur le dos favorise la respiration buccale, car cette position relâche les muscles de la gorge. Chez les personnes en surpoids, les voies respiratoires plus étroites accroissent aussi cette tendance. Le tabac aggrave la situation, en irritant les muqueuses et en entraînant une congestion nasale persistante.

Même la literie n’est pas sans influence : un matelas inadapté ou un oreiller mal choisi peut exercer une pression sur les voies respiratoires et perturber la respiration nocturne. Les conséquences de cette respiration par la bouche sont loin d’être anodines, et souvent, les personnes concernées n’en ont pas conscience.

Parmi les signaux d’alerte, le ronflement est fréquent, parfois remarqué par le partenaire. Il peut s’accompagner d’apnées du sommeil, ces arrêts respiratoires brefs mais répétés, provoqués par la langue qui obstrue partiellement la gorge. D’autres indices incluent une bouche sèche, une gorge irritée au réveil, une voix rauque, ou encore une mauvaise haleine.

La liste des symptômes s’allonge avec des maux de tête matinaux, une fatigue persistante et une augmentation du risque de caries. Les infections ORL à répétition, comme les pharyngites ou l’écoulement nasal, sont aussi plus fréquentes, car « la bouche, contrairement au nez, ne filtre pas l’air et ne protège pas des agents pathogènes ».

À long terme, cette habitude peut altérer la qualité du sommeil, générer de la somnolence, réduire la concentration et provoquer de l’irritabilité. Sur le plan bucco-dentaire, l’assèchement de la bouche et la modification du pH favorisent la prolifération des bactéries, augmentant le risque de gingivites et d’infections.

La respiration buccale non régulée expose également davantage aux allergènes et, chez l’enfant, elle peut impacter le développement du visage. Plus préoccupant encore, un déséquilibre entre oxygène et dioxyde de carbone dans le sang est susceptible d’accroître le risque de troubles cardiovasculaires, notamment l’hypertension ou les accidents vasculaires cérébraux.

Pour limiter ces risques, il est conseillé de consulter un médecin afin d’identifier la cause exacte du problème. Des gestes simples peuvent déjà améliorer la situation : changer de position de sommeil, surélever la tête du lit, humidifier l’air ambiant, utiliser des bandelettes nasales, ou recourir à des sprays salins en cas de congestion.

L’arrêt du tabac demeure une mesure essentielle pour réduire l’inflammation chronique des voies respiratoires. Dans certains cas où l’obstruction est d’origine anatomique, une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire. Une prise en charge rapide permet d’éviter les complications et d’améliorer durablement la qualité du sommeil.

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