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La Chine crée CRAFT, un puissant robot pour son projet de construction de « soleil artificiel » nucléaire

Annabelle Chesnu

Depuis plusieurs années, la Chine poursuit activement le développement d’un « soleil artificiel », une ambition matérialisée par le tokamak supraconducteur EAST. Ce dispositif reproduit la fusion nucléaire, phénomène à l’origine de la puissance des étoiles, dans l’espoir d’offrir une énergie inépuisable et propre.

Les opérations de maintenance du tokamak EAST se révèlent toutefois complexes et particulièrement onéreuses. Face à ces défis, les ingénieurs chinois ont mis au point un robot d’un genre inédit, spécialement conçu pour intervenir dans cet environnement extrême, selon les informations relayées par Interesting Engineering.

Le robot, baptisé CRAFT et surnommé Kuafu en référence à un personnage mythologique, se distingue par sa robustesse et sa précision. Il est capable de fonctionner malgré les températures élevées, les champs magnétiques intenses et les radiations, conditions typiques des réacteurs expérimentaux de fusion nucléaire.

L’un de ses atouts majeurs réside dans la force de ses trois bras, capables de soulever jusqu’à 60 tonnes, soit l’équivalent d’une dizaine d’éléphants d’Afrique, tout en réalisant des manipulations d’une extrême précision. « Système automatique de ce genre le plus avancé dans le secteur de la fusion », affirment les médias officiels chinois.

Des premiers essais auraient démontré que CRAFT atteint une précision de trois à quatre millimètres à la verticale, tandis que ses bras secondaires accompliraient des tâches avec une exactitude de 0,01 millimètre. Cette avancée pourrait transformer la maintenance de tels équipements, un prérequis à l’expansion de la fusion nucléaire.

Jusqu’à présent, le robot le plus performant dans ce domaine, conçu par Mitsubishi Heavy Industries, ne pouvait déplacer que deux tonnes. L’arrivée de CRAFT marque donc un saut technologique significatif pour la filière. D’après le South China Morning Post, sa mise en service est attendue avant la fin de l’année 2025.

Outre sa contribution à la continuité du projet EAST, ce robot pourrait également intéresser les responsables du réacteur ITER en France, projet international majeur dans la recherche sur la fusion. Si les promesses chinoises se confirment, CRAFT pourrait aussi servir dans d’autres domaines industriels exigeant robustesse et précision, comme l’entretien de centrales nucléaires ou la construction de véhicules spatiaux.

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