
Des formations rocheuses du nord espagnol, apparemment ordinaires, ont révélé aux archéologues l’existence d’une civilisation troglodyte médiévale. Le site Las Gobas, composé de treize grottes sculptées, offrait refuge à une communauté pendant cinq siècles, du VIIe au XIe siècle. Les fouilles ont mis au jour des restes humains en quantité considérable, permettant une étude approfondie de cette société énigmatique et recluse.
Les chercheurs ont analysé les génomes de trente-trois individus extraits de quarante-huit fragments de squelettes. Vingt-deux hommes et onze femmes composaient l’échantillon étudié. Ces analyses génétiques révèlent des informations troublantes sur les conditions de vie au sein de cette communauté isolée et autosuffisante, vivant loin des grands centres urbains de l’époque.
Les données génétiques indiquent un taux de consanguinité extrêmement élevé, affectant près de 63 % de la population. Les variations du chromosome Y chez les hommes restaient minimes sur cinq siècles, suggérant que les unions matrimoniales demeuraient strictement internes à la communauté. Aucun apport génétique externe n’apparaît dans les registres biologiques découverts.
La variole représentait une menace majeure pour cette population. Les scientifiques ont détecté des traces de cette maladie infectieuse, probablement transmise par l’alimentation. Le régime alimentaire reposait largement sur l’élevage porcin, exposant régulièrement les habitants aux pathogènes présents dans les animaux contaminés. Cette exposition prolongée favorisait la propagation de l’épidémie.
Des marques de violence apparaissent sur certains crânes des premiers siècles d’occupation. Des fractures et perforations suggèrent des affrontements armés entre individus du site. Ces preuves archéologiques témoignent d’une existence rude, marquée par des conflits internes et des maladies ravageuses, avant l’abandon définitif de Las Gobas après le XIe siècle.



