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L’évolution du langage aurait-elle été favorisée par l’exposition au plomb dans l’histoire humaine ?

Annabelle Chesnu

L’évolution de l’espèce humaine s’est construite à travers des défis multiples qui continuent de nous façonner. Des chercheurs de l’université de Californie à San Diego ont démontré que l’exposition au plomb n’est pas récente et qu’elle a exercé une pression sélective favorable au développement cérébral de nos ancêtres.

Pour comprendre cette dynamique, les scientifiques ont examiné plus de cinquante dents fossiles provenant de diverses espèces étalées sur deux millions d’années. En analysant les couches d’émail accumulées durant l’enfance, ils ont identifié des traces de plomb chez toutes les espèces considérées, y compris les grands singes, les Australopithèques et les Néandertaliens.

Le plomb provient naturellement de l’environnement, notamment des rejets volcaniques. Cette exposition chronique démontre que l’humanité au sens large combat ce poison depuis des temps anciens. Les conséquences de cette exposition restaient toutefois énigmatiques jusqu’à cette étude.

Les chercheurs ont ensuite étudié le comportement du plomb sur des organoïdes cérébraux cultivés en laboratoire, en se concentrant sur le gène NOVA1, impliqué dans le développement nerveux et récemment associé à l’émergence du langage. Chez l’humain moderne, cette protéine reconnaît des cibles spécifiques liées aux vocalisations, notamment le gène FOXP2.

Les résultats révèlent une différence cruciale : le variant humain de NOVA1 résiste au plomb, tandis que la version néandertalienne s’avère sensible. Cette protection accrue aurait offert un avantage sélectif à nos ancêtres, favorisant simultanément les capacités de communication. Malgré ce mécanisme adaptatif, l’exposition actuelle au plomb demeure dangereuse, comme en témoignent les cas persistants d’intoxication.

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