Une récente étude publiée dans la revue Nature soutient l’idée que le vaccin contre le zona pourrait avoir un double effet protecteur. En plus de protéger contre le zona, il pourrait réduire le risque de développer une démence. Des recherches antérieures avaient déjà exploré cette possibilité.
Néanmoins, les études précédentes avaient un biais potentiel, car les personnes choisissant de se faire vacciner avaient souvent de meilleures habitudes de santé. Toutefois, les nouvelles recherches menées par l’Université Stanford, ciblant la population du Pays de Galles, semblent exemptes de ce biais.
Le zona, causé par le virus varicelle-zona, se manifeste par une éruption cutanée douloureuse. Ce virus reste latent dans les cellules nerveuses après la varicelle, souvent contractée durant l’enfance. Il peut se réactiver chez les seniors ou les personnes immunodéprimées, entraînant parfois de graves complications.
Depuis le 1er septembre 2013, un programme de vaccination au Pays de Galles a permis aux chercheurs de comparer deux groupes similaires en âge, mais différant par leur admissibilité au vaccin. Les résultats de cette comparaison ont montré une réduction de 20% du risque de démence chez les vaccinés.
Cette étude a inclus plus de 280.000 personnes âgées de 71 à 88 ans, mais s’est concentrée sur celles proches de 80 ans, seuil d’éligibilité. Sept ans après le début de l’étude, environ un adulte sur huit avait reçu un diagnostic de démence.
Les résultats indiquent que la protection contre la démence est plus marquée chez les femmes que chez les hommes. “C’est peut-être dû à une différence de la réponse immunitaire selon qu’on est un homme ou une femme”, explique le Dr Pascal Geldsetzer.
Les chercheurs suggèrent deux mécanismes possibles pour cet effet protecteur. Le premier est spécifique au virus de la varicelle, et le second est potentiellement indépendant, lié à des effets immunologiques plus larges des vaccins. Ces mécanismes restent à explorer plus en profondeur.
Quant à la durée de protection offerte par le vaccin, des questions demeurent. “Si le mécanisme reliant la vaccination contre le zona à la démence passe par le mécanisme spécifique au virus de la varicelle, il semble plausible que les générations futures ayant reçu le vaccin contre la varicelle dans leur enfance présentent une incidence de démence plus faible”, ajoute le Dr Geldsetzer.
L’équipe espère lancer prochainement un essai clinique classique pour valider ces résultats et confirmer un lien de cause à effet entre la vaccination contre le zona et la réduction du risque de démence.



