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Les scientifiques redoutent ce scénario fatal où le point de non-retour climatique serait atteint

Romain Mazzotti

Il y a environ 252 millions d’années, une extinction massive a décimé environ 90 % de la vie terrestre et marine. Les scientifiques attribuaient cet événement, connu sous le nom d’extinction du Permien-Trias, à un réchauffement climatique intense provoqué par une activité volcanique importante. Cependant, ils ne comprenaient pas comment les conditions de super effet de serre avaient pu persister pendant environ cinq millions d’années.

Une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’université de Leeds et de l’université chinoise des géosciences de Wuhan a entrepris des analyses novatrices sur les archives fossiles pour résoudre ce mystère. Leurs travaux, publiés dans Nature Communications, révèlent comment la productivité végétale a évolué pendant cette extinction massive catastrophique.

Les chercheurs se sont appuyés sur des archives géologiques et fossiles accumulées sur plusieurs générations par des scientifiques chinois. Leurs recherches de terrain ont été menées dans des régions accessibles uniquement par bateau ou à cheval, démontrant leur engagement envers cette découverte. Leurs findings montrent qu’à cette époque, les forêts tropicales se sont complètement effondrées.

Cet effondrement forestier a eu des conséquences majeures pour le climat. Les plantes et arbres absorbent le dioxyde de carbone de l’atmosphère et stockent le carbone en se développant. La perte massive de végétation a drastiquement réduit la séquestration du carbone, maintenant les niveaux de CO2 atmosphérique à des niveaux élevés de manière prolongée et durable.

Ces découvertes corroborent l’existence de « points de basculement » dans le système Terre. Au-delà de ces seuils critiques, un réchauffement climatique peut devenir incontrôlable, même avec des réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre. Cette dynamique représente les redoutés points de non-retour que les climatologues alertent depuis des années.

Les forêts tropicales actuelles disparaissent à un rythme alarmant, avec une superficie équivalente à la Suisse perdue annuellement. Les chercheurs avertissent que si un réchauffement rapide provoquait l’effondrement de ces écosystèmes, le climat ne retrouverait pas ses niveaux préindustriels, même avec zéro émission nette. Le réchauffement continuerait à s’accélérer car le cycle du carbone serait fondamentalement altéré, nécessitant des échelles de temps géologiques pour se rétablir.

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