Santé

Les secrets que des vestiges humains anciens livrent sur un virus cancérigène persistant et toujours redouté

Hamza Chouraqui

La famille des papillomavirus humains comprend plus de 200 types distincts infectant principalement la peau et les muqueuses. Dans la majorité des cas, ces infections demeurent bénignes et disparaissent naturellement en quelques mois grâce à l’intervention du système immunitaire.

Cependant, certaines variantes posent des risques considérables pour la santé. Les types HPV-16 et HPV-18 causent environ 70 % des cancers cervicaux. D’autres souches peuvent aussi provoquer des cancers de l’anus, de la gorge ou des zones génitales, représentant une menace sanitaire majeure.

Bien que des vaccins efficaces existent contre les principaux HPV cancérigènes, les chercheurs redoutent l’émergence de nouveaux types viraux. Étudier la diversité génétique et l’évolution des HPV s’avère crucial. Des recherches antérieures suggèrent que l’humanité cohabite avec ces virus depuis très longtemps, possiblement depuis l’époque des premiers hominidés.

Une découverte récente renforce cette théorie ancienne. Des traces d’ADN du HPV-16 ont été détectées chez deux individus exceptionnellement préservés. L’analyse concerne Ötzi, découvert dans les Alpes autrichiennes et datant de 5 000 ans, ainsi qu’un homme fossile sibérien vieux de 45 000 ans. Ces résultats constituent possiblement la plus ancienne preuve directe d’infection par papillomavirus chez l’homme.

L’examen de fossiles néandertaliens a révélé du HPV-12, une variante moins dangereuse. Ces découvertes suggèrent qu’Homo sapiens a transmis le HPV-16 aux Néandertaliens. Cette co-évolution millénaire entre l’humanité et ces virus offre des perspectives nouvelles pour comprendre l’adaptation des maladies modernes à travers notre histoire évolutive et améliorer les stratégies préventives futures.

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