
À une quarantaine d’années-lumière de notre planète se trouve Trappist-1, une étoile naine rouge autour de laquelle gravitent sept planètes de taille similaire à la Terre. Parmi elles, Trappist-1 e attire particulièrement l’attention de la communauté scientifique.
Cette exoplanète retient l’intérêt des astronomes parce qu’elle évolue dans la zone dite habitable de son système, une région où la température permettrait théoriquement à de l’eau liquide d’exister à sa surface, condition indispensable à l’apparition de la vie telle que nous la connaissons.
La présence d’une atmosphère autour de Trappist-1 e demeure cependant une question cruciale. Récemment, le télescope spatial James-Webb a été utilisé pour observer la planète au cours de ses passages devant son étoile, en captant la lumière absorbée par d’éventuels gaz atmosphériques.
Grâce au spectrographe NIRSpec, les chercheurs ont analysé la lumière transmise lors de quatre transits de Trappist-1 e. Ces observations représentent autant d’opportunités de détecter la composition chimique de l’atmosphère potentielle de la planète.
Les premiers résultats publiés dans The Astrophysical Journal Letters indiquent l’absence d’une enveloppe d’hydrogène et d’hélium autour de Trappist-1 e. Étant donné l’activité intense de l’étoile hôte, cette conclusion n’a rien de surprenant.
L’incertitude subsiste quant à la formation d’une atmosphère secondaire, similaire à celle de la Terre. Selon d’autres études, la probabilité que Trappist-1 e en possède une riche en azote, à l’image de Titan, est estimée à une chance sur deux.
Les scientifiques considèrent en revanche qu’une atmosphère dominée par le dioxyde de carbone, comme sur Vénus ou Mars, est peu probable pour Trappist-1 e. Toutefois, ils n’écartent pas la possibilité qu’une quantité suffisante de CO2 soit présente pour permettre l’existence d’eau à la surface.
Les recherches ne font que commencer : quinze séquences d’observations supplémentaires sont prévues, incluant des transits de Trappist-1 b, planète la plus proche de l’étoile et réputée sans atmosphère, ce qui facilitera la distinction entre signaux stellaires et planétaires.
En comparant les données recueillies lors des transits de Trappist-1 b et de Trappist-1 e, les chercheurs espèrent pouvoir attribuer de manière fiable certains signaux à l’atmosphère de la seconde. Toute détection spécifique à Trappist-1 e pourrait ainsi révéler la présence de composés chimiques clés.
« Nous n’en sommes qu’aux prémices des incroyables découvertes scientifiques que nous pouvons accomplir avec le télescope James-Webb. C’est invraisemblable de pouvoir mesurer les détails de la lumière des étoiles autour de planètes de la taille de la Terre, situées à 40 années-lumière, et de découvrir à quoi elles pourraient ressembler, si la vie y était possible », affirme Ana Glidden, chercheuse au MIT et responsable de ces travaux. « Nous entrons dans une nouvelle ère d’exploration. »



