Archéologie

Une pierre de 1180 tonnes projetée au cœur de l’archipel de Tonga il y a 7000 ans par une vague gigantesque

Rob Laurens

Dans l’archipel de Tonga, un bloc de calcaire colossal repose à plus de quarante mètres d’altitude et à deux cents mètres à l’intérieur des terres. Découvert en 2024, ce rocher de 1 180 tonnes intrigue les géologues car son emplacement demeure inexplicable par les phénomènes géologiques ordinaires. Les agriculteurs locaux ont signalé cette formation massive aux chercheurs australiens, révélant l’existence d’une énigme géologique longtemps cachée.

Le bloc Maka Lahi mesure quatorze mètres de longueur, douze de largeur et six virgule sept de hauteur. Ses dimensions surpassent celles d’une habitation de deux étages. Les chercheurs, dirigés par Martin Köhler, ont constaté qu’il provenait d’une falaise voisine dont il s’était détaché. L’analyse des dépôts de calcite a permis une datation précise situant l’événement responsable à environ six mille huit cents quatre-vingt-onze ans.

Pour expliquer ce déplacement remarquable, les scientifiques ont recours à des modélisations hydrodynamiques sophistiquées. Les calculs révèlent qu’une vague de cinquante mètres aurait frappé la côte pendant quatre-vingt-dix secondes. Cette onde aurait voyagé à quarante-cinq kilomètres par heure, générant des courants dépassant vingt-deux mètres par seconde au point d’impact. Les tsunamis historiques connus, même destructeurs, ne produisent pas des hauteurs comparables.

L’explication la plus plausible demeure un effondrement volcanique massif survenu en haute mer, probablement au large de Tonga. L’instabilité d’un flanc montagneux glissant dans l’océan aurait généré cette vague géante. La région, caractérisée par des volcans instables sur la dorsale de Tofua, présente les conditions géologiques susceptibles de produire un tel phénomène. Cette hypothèse requiert néanmoins des relevés complémentaires pour confirmation.

Le rocher Maka Lahi constitue une archive naturelle exceptionnelle d’un événement extrême antédiluvien. Il représente le plus grand bloc jamais déplacé depuis le sommet d’une falaise et figure parmi les trois plus imposants transportés par les vagues mondialement. Cette découverte révise notre compréhension des risques côtiers pacifiques en démontrant que des tsunamis bien plus puissants ont frappé cette région. Elle impose une réévaluation des cartes de risques et des protocoles d’évacuation régionaux.

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