
Une récente étude internationale à laquelle ont contribué des scientifiques toulousains met en lumière l’ampleur de l’exposition humaine aux microplastiques par voie respiratoire. Selon les données relayées par la presse britannique, il serait possible d’inhaler quotidiennement jusqu’à 68.000 microparticules de plastique sans s’en apercevoir.
Les particules concernées, parfois invisibles à l’œil nu, mesurent entre un et dix micromètres, ce qui représente une fraction infime de l’épaisseur d’un cheveu humain. Cette taille minuscule favorise leur pénétration en profondeur dans l’organisme et leur circulation potentielle dans le sang.
Les auteurs de l’étude soulignent que ces microparticules, en raison de leur taille, sont susceptibles de provoquer des effets sanitaires sous-évalués jusqu’à présent. Comme l’indique le rapport, leurs conclusions “suggèrent que les effets de l’inhalation de microplastiques sur la santé pourraient être plus importants qu’on ne le pense”.
L’enquête s’est intéressée à la composition de l’air de différents environnements du quotidien. Les prélèvements ont été effectués dans des logements, mais aussi à l’intérieur de véhicules, afin de mesurer l’ampleur de la contamination atmosphérique.
La chercheuse Nadiia Yakovenko, co-auteure de l’étude, a confié à The Guardian : “Nous avons été très surpris par les niveaux de microplastiques que nous avons détectés: ils étaient bien plus élevés que les estimations précédentes”. Selon elle, “La particule est petite et se propage dans les tissus, ce qui est dangereux car elle peut pénétrer dans la circulation sanguine et pénétrer profondément dans le système respiratoire”.
L’origine de cette pollution est plurielle. Les plastiques présents dans les objets du quotidien – vêtements, ustensiles, tapis – se dégradent et libèrent ces particules qui finissent en suspension dans l’air. La chercheuse française précise : “Tout mouvement d’air, toute vibration, tout mouvement, si vous marchez, vous asseyez, vous levez, si vous ouvrez une fenêtre, tout cela va remettre les particules en suspension”.
Les microplastiques ne se contentent pas d’envahir l’air intérieur. Selon une étude récente menée en France, ces fragments minuscules sont également présents dans nos boissons. Les analyses ont montré que les liquides conditionnés dans des bouteilles en verre présentent une concentration plus élevée en microplastiques que ceux contenus dans des bouteilles plastiques.
Les sodas, la bière ou l’eau embouteillée dans du verre contiendraient ainsi en moyenne une centaine de particules de microplastiques par litre. La multiplicité des sources de contamination souligne l’ampleur du phénomène, et laisse planer le doute sur les conséquences à long terme sur la santé humaine.



