
Des archéologues de l’institut Goethe ont mis au jour des vestiges remarquables sur le site de Gird-î Kazhaw au Kurdistan irakien. Leurs fouilles ont révélé des piliers en pierre et des éléments architecturaux d’une église ancienne. Cette découverte s’avère exceptionnelle pour la région, accompagnée d’artefacts ornés de croix chrétiennes attestant l’ancienneté du bâtiment.
Le monastère environnant avait été découvert en 2015 et daterait de l’an 500. À proximité immédiate se dressait une fortification perse consacrée au zoroastrisme, religion dominante des empires perses avant l’émergence de l’islam. Cette disposition révèle une cohabitation religieuse harmonieuse entre deux communautés de croyants distinctes il y a plus de quinze siècles.
Au sixième siècle, le christianisme s’était propagé bien au-delà des frontières romaines où il jouissait du statut de religion officielle depuis 380. Des églises du Ve et VIe siècles existent en Syrie du nord et en Mésopotamie, mais elles demeurent rarement aussi proches de sanctuaires zoroastriens. La présence chrétienne en Perse persistait malgré les tensions politiques récurrentes entre les empires romain et perse.
Une découverte parallèle corrobore cette dynamique de coexistence religieuse. En Géorgie, à Dedoplis Gora, un temple vieux de deux millénaires a été excavé dans le royaume antique de Kartli. Cette région subissait l’influence perse tout en pratiquant le zoroastrisme. Le temple contenait plusieurs sanctuaires distincts, chacun dédié à un culte spécifique.
Les souverains de Kartli vénéraient simultanément les divinités iraniennes et les dieux astraux géorgiens. Ces découvertes archéologiques successives démontrent que les peuples anciens savaient transcender les divergences religieuses pour établir des rapports pacifiques et culturellement inclusifs. L’étude concernant le temple géorgien paraîtra en janvier 2026 dans l’American Journal of Archaeology.



