
En Chine, la symbolique du chiffre 4 dépasse largement la simple arithmétique et revêt une dimension culturelle particulière. Cette sensibilité s’explique par une coïncidence linguistique : en mandarin, le mot pour « quatre » se prononce « sì », très proche du mot « sǐ » qui signifie « mort ».
De cette ressemblance découle une superstition profonde, ancrée dans la société chinoise, qui considère le chiffre 4 comme porteur de malchance. Son impact se manifeste dans de nombreux aspects de la vie quotidienne, du choix des numéros d’appartement à l’absence du quatrième étage dans certains immeubles.
Il n’est pas rare d’observer que des hôtels, hôpitaux ou immeubles résidentiels sautent le chiffre 4 dans leur numérotation, passant directement du troisième au cinquième étage. Cette précaution vise à éviter toute connotation négative, en particulier dans des contextes sensibles comme la santé ou le deuil.
La présence du chiffre 4 sur les plaques d’immatriculation ou dans les numéros de chambres est elle aussi soigneusement évitée. Offrir un objet comportant ce chiffre, notamment lors d’événements importants, peut être perçu comme un signe de mauvais présage.
Cette superstition s’étend désormais aux stratégies commerciales, notamment dans le secteur des smartphones. Plusieurs grandes marques chinoises ont ainsi opté pour des appellations qui contournent soigneusement le chiffre maudit.
Parmi les exemples les plus notables, la marque Honor a sauté le modèle V4 dans sa série, passant directement du V3 au V5. OnePlus a également évité la sortie d’un « OnePlus 4 » en passant du 3T au 5. D’autres fabricants comme Huawei, ZTE, Vivo ou Xiaomi ont adopté des stratégies similaires.
Loin d’être une simple coïncidence, cette pratique relève d’une stratégie marketing consciente. Les entreprises cherchent à éviter toute association négative qui pourrait rebuter une clientèle superstitieuse, surtout dans le cas de biens durables comme les téléphones.
Pour ces marques, « inclure le chiffre 4 pourrait créer une connotation négative qui dissuaderait une part significative de leur clientèle superstitieuse. » Cette réflexion influence directement les choix de nommage des produits, tant pour le marché intérieur qu’à l’international.
Même si l’intensité de cette superstition varie selon les régions ou les générations, elle reste suffisamment prégnante pour influer durablement sur les décisions des industriels. La numérotation des séries de produits, notamment dans le secteur technologique, continue ainsi de refléter ce phénomène culturel.



