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Une étude scientifique explique pourquoi certains arbres urbains résistent mieux à la sécheresse que d’autres

Baptiste Lacomme

La végétation urbaine joue un rôle clé dans la régulation du climat des villes, où le béton et l’asphalte captent la chaleur, créant des îlots de chaleur. Des études récentes ont montré que la présence d’arbres contribue à réduire les températures extrêmes rencontrées dans ces zones densément construites.

Malgré leur importance, les arbres urbains sont fortement exposés aux épisodes de sécheresse. Une récente analyse menée par André Poirier, de l’Université du Québec à Montréal, met en lumière que tous les arbres ne sont pas touchés de la même manière par la sécheresse, leur emplacement étant déterminant.

Selon André Poirier, “les arbres se trouvant dans les rues de la ville sont plus résistants aux périodes de sécheresse que ceux vivant dans des espaces verts tels que les parcs.” Cette observation remet en question certaines idées reçues sur la vulnérabilité des arbres en milieu urbain.

Pour comprendre cette différence, les chercheurs ont comparé des érables prélevés dans les rues et dans les parcs. Ils ont étudié les isotopes présents dans les arbres et analysé leur âge à partir des anneaux du tronc, ce qui a permis de retracer leur accès à l’eau.

Les érables des parcs montraient des traces de métaux caractéristiques de la pollution atmosphérique, signe qu’ils s’alimentent surtout en eau de pluie. À l’inverse, les arbres de rue présentaient des particules venant principalement des réseaux de canalisation urbains.

En période de sécheresse, l’absence de pluie fragilise les arbres des parcs, qui dépendent uniquement des précipitations. Les arbres situés le long des rues, eux, parviennent à pallier cette carence en exploitant l’eau issue des fuites des canalisations, une ressource inattendue mais abondante.

Les fuites dans les réseaux hydrauliques urbains atteignent jusqu’à 500 millions de litres d’eau par jour, ce qui, selon les chercheurs, offre un avantage inattendu aux arbres des rues. “Ce n’est pas forcement une mauvaise nouvelle,” notent-ils, suggérant d’intégrer ce constat dans les politiques de végétalisation urbaine.

Planter davantage d’arbres le long des rues pourrait donc renforcer la résilience de la canopée urbaine face à la sécheresse, tout en améliorant la qualité de vie des citadins. Toutefois, cette découverte ne résout ni la vulnérabilité des arbres des parcs ni la problématique des fuites d’eau à Montréal.

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