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Les grottes marines destinées à préserver la faune sauvage se transforment malheureusement en véritables dépotoirs

Aliou Sembène

Les grottes marines de Chypre, loin d’être des sanctuaires préservés, se sont transformées en véritables dépotoirs. Des chercheurs y ont découvert des bouteilles, du polystyrène et divers débris plastiques en quantités alarmantes. Cette pollution affecte directement les environnements marins censés protéger la faune locale.

L’ampleur de la contamination dépasse largement celle observée sur les plages ou les fonds océaniques. Près de 97 détritus par mètre carré ont été comptabilisés dans certaines grottes visitées. Une équipe scientifique a collecté 176 kilos de déchets après avoir exploré 23 grottes marines, le plastique constituant le matériau prédominant de cette accumulation.

Ces grottes revêtent une importance capitale pour la biodiversité méditerranéenne. Elles servent de zones refuge au phoque moine de Méditerranée, espèce actuellement menacée d’extinction. La présence massive de plastique dans ces havres naturels représente une menace directe pour la survie de cette population vulnérable et pour l’équilibre écologique régional.

Ces sites isolés et difficiles d’accès fonctionnent comme des pièges naturels qui retiennent les débris. Contrairement aux rivages, où les déchets se redéposent régulièrement, les grottes partiellement submergées conservent indéfiniment les plastiques qui y pénètrent. Les facteurs physiques, notamment l’exposition aux vagues et l’étendue des plages intérieures, déterminent l’intensité de l’accumulation dans chaque grotte.

Les zones modérément exposées aux déferlantes et possédant de vastes surfaces ensablées accumulent le plus de polluants. Les déchets s’y déposent précisément où les jeunes phoques se réfugient, augmentant leur exposition directe à cette contamination et les risques d’ingestion accidentelle.

Des microplastiques ont déjà été détectés dans le système digestif de ces mammifères marins, confirmant l’absorption passive de cette pollution. Bien qu’aucune surmortalité directement attribuée aux débris n’ait été confirmée actuellement, les risques sanitaires demeurent préoccupants. Les chercheurs réclament l’adoption rapide de mesures de conservation ciblant prioritairement les grottes les plus fréquentées par ces animaux menacés.

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