
Au fil des âges géologiques, les océans ont connu des fluctuations constantes de leur niveau. Traditionnellement, on attribue ces variations à des facteurs climatiques. Les périodes chaudes provoquent une montée des eaux due à la fonte des glaces polaires et à l’expansion thermique de l’océan. Inversement, lors des phases froides, l’eau s’accumule sous forme de glace, ce qui abaisse le niveau marin.
Cependant, d’autres mécanismes peuvent engendrer ces changements de niveau. Le plus important concerne les modifications du volume des bassins océaniques. Ces variations proviennent essentiellement de l’évolution de la profondeur des fonds marins plutôt que de la surface des océans, relativement stable.
L’observation des profondeurs océaniques révèle une structure inégale. Les zones les moins profondes correspondent aux dorsales océaniques, où la croûte terrestre est jeune et chaude. Cette croûte nouvellement formée est moins dense et moins épaisse que la croûte ancienne. La lithosphère océanique vieillit en s’éloignant de la dorsale, devenant plus froide, plus dense et plus profonde. Cette transition affecte directement le volume total disponible dans chaque bassin.
Indépendamment du climat, la vitesse d’accrétion océanique influence le niveau marin. Des chercheurs ont établi qu’un ralentissement de la production de croûte entre 15 et 6 millions d’années aurait provoqué une baisse marine significative. Durant cette période, le déplacement des plaques tectoniques a diminué de 35 pour cent, engendrant une accrétion extrêmement lente.
Cette accrétion réduite a approfondi les bassins océaniques, abaissant le niveau marin de 26 à 32 mètres. L’accrétion lente s’accompagne d’un volcanisme diminué aux dorsales, réduisant les émissions de gaz à effet de serre et créant une croûte anormalement mince. Ces phénomènes combinés auraient provoqué une baisse totale dépassant 60 mètres du niveau océanique global.



