
Lorsque la température grimpe, la tentation d’une boisson alcoolisée bien fraîche est grande. Pourtant, consommer de l’alcool par temps chaud peut s’avérer risqué. L’alcool dérègle les mécanismes corporels de refroidissement, favorisant la déshydratation et masquant les signaux d’alerte du corps.
Dans ces conditions, le corps humain s’efforce normalement d’éviter la surchauffe en transpirant et en dilatant les vaisseaux sanguins. Or, la consommation d’alcool perturbe ces réactions naturelles, ce qui peut entraîner une accélération de la déshydratation sans que l’on en ait vraiment conscience.
Selon la cellule Canal Détox de l’Inserm, “l’alcool bloque la sécrétion de l’hormone antidiurétique (l’ADH) dont le rôle initial est d’augmenter la quantité d’eau réabsorbée dans les reins et de réduire la production d’urine.” Ainsi, privé de cette hormone, l’organisme élimine davantage d’eau par les urines.
Ce déficit hydrique limite la production de sueur, essentielle pour abaisser la température corporelle. Par ailleurs, l’alcool désorganise les centres de régulation thermique du cerveau, empêchant le corps de réagir efficacement face à la chaleur.
Dans la pratique, ce dérèglement fait que la sensation de soif est atténuée, et le danger de malaise devient réel : il devient difficile de repérer les signes avant-coureurs d’un coup de chaud, et l’on oublie de se rafraîchir à temps.
Le même phénomène se produit en hiver, mais à l’inverse. Sous l’effet du froid, le corps contracte les vaisseaux sanguins proches de la peau pour conserver la chaleur. L’alcool, cependant, provoque leur dilatation, donnant une fausse impression de chaleur alors que le corps, en réalité, perd de la chaleur.
Cette sensation trompeuse s’accompagne d’une diminution de la perception du froid, ce qui peut retarder les réactions nécessaires pour se protéger. De plus, l’alcool perturbe la production de glucose par le foie, rendant le déclenchement des frissons, mécanisme de réchauffement, moins efficace.
Dans tous les cas, l’alcool envoie au cerveau des signaux contraires à ceux dont il a besoin pour s’adapter aux conditions climatiques extrêmes. Cela met l’organisme en difficulté, alors même qu’il tente de faire face à un stress important, et augmente le risque d’accidents.
La vigilance s’en trouve diminuée, les gestes de protection tardent à venir, et le corps s’épuise à lutter contre la chaleur ou le froid. Ainsi, “l’alcool ne nous rafraîchit pas plus qu’il ne nous réchauffe en hiver. Il trompe. Il affaiblit. Et il met en danger, que ce soit sous la neige ou sous le soleil.”
En période de fortes chaleurs, il est donc conseillé de privilégier l’eau, de rester à l’ombre et d’éviter les efforts soutenus. Le corps humain est capable de s’adapter à des conditions extrêmes, mais il est moins résistant si l’alcool s’invite dans l’équation.



