PlanèteEspace

Des astronomes découvrent une potentielle planète géante gazeuse présente autour d’Alpha du Centaure A

Baptiste Lacomme

Depuis de nombreuses années, le système d’Alpha du Centaure suscite l’attention des astronomes, notamment en raison de sa proximité avec la Terre et de la ressemblance de deux de ses étoiles principales avec notre propre Soleil. Proxima du Centaure, la troisième composante, est déjà connue pour accueillir des exoplanètes.

Situé à un peu plus de quatre années-lumière, Alpha du Centaure représente un laboratoire idéal pour l’étude de mondes potentiellement habitables. Les scientifiques y cherchent sans relâche des planètes capables d’abriter de l’eau liquide, une condition essentielle à la vie telle que nous la connaissons.

La détection d’exoplanètes autour d’Alpha du Centaure A s’est avérée difficile, l’intensité lumineuse de cette étoile et la présence de sa voisine compliquant considérablement les observations. Toutefois, une avancée notable a été réalisée en août 2024 avec l’aide du télescope spatial James Webb.

Les astronomes ont utilisé l’instrument MIRI en mode coronographique afin de masquer la lumière de l’étoile et d’explorer la zone environnante. C’est ainsi qu’ils ont repéré un point lumineux, nommé S1, situé à environ deux unités astronomiques, une distance qui correspond à la zone habitable autour d’Alpha du Centaure A.

Les analyses initiales laissent entendre que S1 pourrait être une géante gazeuse comparable à Saturne, probablement enveloppée d’une atmosphère épaisse et dépourvue de surface solide. Les chercheurs ont pris soin d’écarter d’autres explications, telles qu’une galaxie lointaine ou un artefact instrumental.

Afin d’étayer leur hypothèse, l’équipe scientifique a simulé des millions d’orbites plausibles. Les résultats suggèrent que S1 serait une planète massive évoluant sur une trajectoire elliptique, passant parfois si près de son étoile qu’elle devient indétectable lors de certaines observations.

Cette hypothèse pourrait expliquer pourquoi S1 n’a été détectée qu’en août 2024 et non lors des campagnes ultérieures menées en février et avril 2025. La variabilité de sa position compliquerait ainsi tout suivi régulier par les instruments actuels.

L’intérêt pour la recherche de planètes dans ce système ne date pas d’hier. Dès les années 1990, plusieurs tentatives ont été menées sans succès, et les annonces prometteuses du passé, notamment en 2012 autour d’Alpha du Centaure B, ont finalement été infirmées. La découverte en 2016 d’une planète autour de Proxima du Centaure a ravivé l’engouement pour la région.

Des signaux détectés en 2019 avaient déjà laissé entrevoir la possible présence d’une planète chaude, mais sans confirmation définitive. L’observation récente avec le James Webb s’inscrit dans cette dynamique persistante de recherche autour d’Alpha du Centaure.

À ce jour, la présence de S1 reste à confirmer, mais la proximité du système offre un potentiel d’étude inédit. Comme l’a déclaré Charles Beichman, coauteur de l’étude, « si nous confirmons sa présence, ce sera notre meilleure opportunité d’étudier en détail un monde situé dans le système stellaire le plus proche du nôtre ».

Une telle découverte ouvrirait la voie à des investigations approfondies sur la composition de l’atmosphère, la dynamique de la planète, et même la possible existence de lunes, grâce à la possibilité d’observations détaillées sur plusieurs longueurs d’onde.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer