Espace

La NASA compte installer « rapidement » un réacteur nucléaire sur la Lune, mais pour quoi faire ?

Hamza Chouraqui

L’énergie nucléaire s’apprête à faire son apparition sur la Lune, alors que la Nasa entend accélérer ses efforts pour implanter un réacteur sur le sol lunaire avant la fin de la décennie. Cette démarche s’inscrit dans le contexte d’une compétition internationale croissante, opposant notamment les États-Unis à la Chine et à la Russie.

Selon Sean Duffy, administrateur par intérim de la Nasa, il devient urgent de réagir rapidement à l’évolution du contexte spatial : « Il est impératif que l’agence agisse rapidement », a-t-il affirmé dans une directive relayée par de nombreux médias américains et transmise à l’AFP. L’agence américaine observe de près les intentions de ses concurrents.

Depuis le mois de mars 2024, la Chine et la Russie ont, à plusieurs reprises, exposé leur volonté de collaborer pour installer un réacteur nucléaire sur la Lune d’ici le milieu des années 2030. « Depuis mars 2024, la Chine et la Russie ont annoncé à au moins trois reprises leur intention commune d’installer un réacteur sur la Lune d’ici le milieu des années 2030. Le premier pays à le faire pourrait potentiellement déclarer une zone d’exclusion, ce qui empêcherait considérablement les États-Unis d’établir la présence prévue dans le cadre du programme Artemis », avertit Sean Duffy.

Le programme Artemis, lancé lors du premier mandat de Donald Trump, vise le retour des astronautes américains sur la Lune à l’horizon de mi-2027 et l’établissement d’une présence durable sur notre satellite. L’objectif est de renouer avec l’exploration lunaire plus de cinquante ans après la mission Apollo, en s’appuyant sur de nouvelles technologies énergétiques.

Pour garantir une autonomie énergétique aux missions habitées, la Nasa étudie depuis longtemps l’éventualité d’un petit réacteur nucléaire sur la Lune, voire sur Mars à l’avenir. Contrairement à l’énergie solaire, la solution nucléaire offrirait une alimentation continue, même dans les zones plongées en permanence dans l’ombre, comme le pôle Sud, où les compétiteurs spatiaux concentrent leurs ambitions.

La Nasa prévoit désormais d’envoyer un tel réacteur d’ici 2030. Un appel d’offres sera bientôt lancé pour concevoir un dispositif capable de fournir au moins 100 kilowatts d’électricité, soit l’équivalent de la consommation de 75 foyers américains. Cette initiative intervient alors que la rivalité avec la Chine s’intensifie, Pékin ayant fixé à 2030 son propre objectif d’envoyer des astronautes sur la Lune.

Parallèlement, Donald Trump, revenu au premier plan politique, a adopté une position fluctuante sur la priorité de l’exploration spatiale américaine. Bien qu’il ait critiqué le programme Artemis pour son coût et ses retards, il a aussi évoqué la possibilité de privilégier Mars plutôt que la Lune, une idée encouragée par son ancien conseiller Elon Musk, passionné par la planète rouge.

Cependant, la récente brouille entre Trump et Musk, ainsi que la pression géopolitique accrue, semblent désormais favoriser la poursuite du projet lunaire de la Nasa. L’annonce concernant l’envoi d’un réacteur nucléaire sur la Lune apparaît comme une réponse stratégique à ce nouvel équilibre des forces dans la course à l’espace.

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