Santé

La qualité de l’air à bord des avions présente-t-elle un risque réel pour les voyageurs ?

Hamza Chouraqui

L’aviation commerciale contribue à seulement 2,6 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, mais son impact climatique s’étend bien au-delà. Entre 2000 et 2018, ce secteur a provoqué 5,1 % du réchauffement climatique anthropique, en raison d’autres mécanismes comme les traînées de condensation qui interfèrent avec le système climatique.

Les conséquences sur la santé publique méritent attention. Les particules ultrafines émises par les aéronefs pourraient engendrer 280 000 cas d’hypertension, 330 000 de diabète et 18 000 de démence en Europe. Ces particules, mille fois plus fines qu’un cheveu, représentent une menace sanitaire sérieuse pour les populations exposées.

En France, environ 11 millions de personnes vivent à moins de 20 kilomètres des aéroports d’Orly et Charles de Gaulle. Une question se pose naturellement : les passagers qui volent sont-ils davantage affectés que la population terrestre ? Des chercheurs de l’université Paris Cité ont mesuré la qualité de l’air à l’intérieur de 16 avions pour répondre à cette interrogation.

L’étude révèle que l’air en cabine s’avère plus pollué au sol qu’en altitude. Les concentrations moyennes atteignaient 9 122 particules ultrafines par centimètre cube et 207 nanogrammes de carbone suie par mètre cube. Les niveaux diminuaient après le décollage puis augmentaient de nouveau en descente et après l’atterrissage.

L’analyse identifie les phases de roulage prolongées comme particulièrement problématiques pour la qualité de l’air intérieur. Aucune corrélation n’a été détectée avec l’altitude, les turbulences ou les repas servis. La pollution provient surtout de sources externes, notamment celle des aéroports, plutôt que de phénomènes propres au vol.

Comparés à d’autres modes de transport, ces niveaux restent rassurants. Des mesures effectuées dans le métro parisien avaient relevé des concentrations de carbone suie atteignant 1 820 nanogrammes par mètre cube, soit environ neuf fois plus que dans les avions. Les passagers aériens semblent donc moins exposés qu’on ne pourrait le craindre initialement.

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