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Transformer des grignons d’olives en briquettes de chauffage, alternative au bois : l’idée ingénieuse venue de la Tunisie

Rob Laurens

Dans le calme des oliveraies tunisiennes, Yassine Khelifi, ingénieur de profession, s’est lancé dans une entreprise innovante : transformer les résidus d’olives en briquettes de chauffage. Ce projet se veut une alternative écologique au bois, pour un pays très dépendant de l’importation de gaz et de pétrole.

Yassine Khelifi, créateur de la start-up Bioheat, explique : “Nous extrayons de l’énergie et gagnons de l’argent à partir de déchets organiques mis au rebut”. Fondée en 2022 dans le village de Sanhaja, Bioheat utilise les déchets de l’industrie oléicole, connus sous le nom de “fitoura”.

Les ouvriers transportent quotidiennement les grignons d’olives jusqu’à l’atelier. Là, ils sont moulés en briquettes cylindriques, puis séchés naturellement au soleil pendant 30 jours, avant d’être emballés pour leur distribution. Ce processus permet de valoriser des déchets souvent laissés à l’abandon.

La Tunisie, en tant que l’un des principaux producteurs mondiaux d’huile d’olive, génère chaque année d’importantes quantités de “fitoura”. Ces restes, autrefois utilisés pour allumer des feux ou nourrir le bétail, sont désormais transformés en une source d’énergie précieuse.

Yassine Khelifi, initialement analyste d’images satellitaires, a décidé de se lancer dans cette aventure après avoir constaté une pénurie de bois de chauffage. En 2018, il a commencé à concevoir une machine capable de réaliser ses briquettes, après n’avoir trouvé aucun modèle satisfaisant sur le marché.

Aujourd’hui, Bioheat emploie une dizaine de personnes et expédie 60% de sa production vers la France et le Canada. Selim Sahli, propriétaire d’une maison d’hôtes, témoigne : “C’est une énergie propre et facile à utiliser et d’un point de vue financier, j’ai réduit mes coûts de chauffage d’un tiers.”

Pour Ahmed Harrar, qui gère une pizzeria près de Tunis, les briquettes ont apporté des bénéfices inattendus : elles produisent moins de fumée, améliorant l’environnement de travail et ajoutant une saveur unique à ses pizzas. Ce succès commercial souligne l’importance de projets comme Bioheat pour la Tunisie.

Selon Noureddine Nasr, expert en développement agricole, cette approche pourrait “sauvegarder l’environnement, créer de l’emploi et de la richesse”. En effet, une meilleure utilisation des ressources locales est cruciale pour un pays qui importe plus de 60% de ses besoins énergétiques.

Yassine Khelifi, malgré les défis financiers initiaux, ne cache pas ses ambitions. Il aspire à jouer un rôle majeur dans la transition vers les énergies propres en Tunisie et au-delà. Son parcours inspire d’autres à envisager des solutions durables pour les défis énergétiques actuels.

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