Animaux

Une étude met en lumière l’incroyable capacité de communication des éléphants

Romain Mazzotti

Au quotidien, il n’est pas rare de recourir à des gestes pour transmettre un message, notamment lorsque la parole n’est pas possible, comme lors d’un appel téléphonique. Cette capacité à adapter ses gestes selon la réaction de l’interlocuteur n’est pas propre à l’humain.

Des chercheurs ont récemment observé que les éléphants de savane d’Afrique savent aussi s’exprimer par des gestes, ajustant ceux-ci si leur objectif n’est pas atteint. Vidéos à l’appui, l’équipe a montré que ces animaux n’hésitent pas à insister, voire à se montrer brusques pour se faire comprendre.

L’intérêt scientifique pour la communication gestuelle des éléphants s’explique par leur intelligence sociale. Chez ces mammifères, les interactions dépendent largement de la vue et du toucher, essentiels dans le maintien des liens au sein du groupe.

Pour étudier la gestuelle intentionnelle des éléphants, des expériences ont été menées sur 17 animaux semi-captifs habitués à suivre des instructions contre une récompense. Une personne leur présentait soit des pommes très convoitées, soit un plateau vide, et observait les réactions.

Les éléphants, attachés afin d’éviter qu’ils ne s’emparent des pommes, pouvaient exprimer leurs désirs par des gestes dirigés vers la personne – qui n’était pas leur entraîneur habituel afin d’écarter tout biais. Selon la situation, ils obtenaient toutes les pommes, une seule, ou aucune.

La frustration était palpable lorsque l’animal n’obtenait pas ce qu’il voulait. Les chercheurs ont documenté 38 comportements différents, allant du simple lever de trompe à des gestes plus appuyés. Parfois, les éléphants soufflaient sur l’expérimentateur ou jetaient du sable vers sa tête.

L’étude, publiée dans la revue Royal Society Open Science, précise : ils ont attrapé “du sable avec leur trompe et (l’ont) jeté avec force” vers sa tête. De plus, il a été noté que “les éléphants dirigeaient plus de la moitié de leurs gestes vers l’expérimentateur et certains vers le plateau avec des pommes, tandis qu’ils ne dirigeaient aucun geste vers le plateau vide, suggérant que ce dernier n’était pas intéressant”.

Les résultats suggèrent que ces gestes sont persistants lorsque l’objectif n’est que partiellement atteint et que les éléphants adaptent leur stratégie si le premier geste n’aboutit pas. La question demeure cependant : ces comportements se retrouvent-ils aussi chez les éléphants sauvages dans leurs interactions naturelles ?

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