
Des chercheurs ont récemment mis en lumière une possibilité inattendue : l’urine pourrait jouer un rôle clé dans la réparation des os et des dents. Cette découverte s’appuie sur un procédé de transformation dévoilé dans une étude publiée par Nature Communications, ouvrant la voie à de nouvelles applications médicales.
L’urine, produite par les reins et généralement considérée comme un simple déchet métabolique, recèle pourtant un composant d’intérêt : l’hydroxyapatite. Ce minéral à base de calcium et de phosphore constitue le principal composant des os et de l’émail dentaire, et il est déjà utilisé dans les implants pour réparer des fractures ou restaurer des dents endommagées.
Produire de l’hydroxyapatite en laboratoire se heurte toutefois à des difficultés, car les cellules responsables de sa création naturelle dans le corps humain, les ostéoclastes, sont complexes à cultiver. Cette complexité rend la production coûteuse, ce qui limite son utilisation à grande échelle dans le domaine médical.
Les scientifiques du Lawrence Berkeley National Laboratory en Californie ont réussi à contourner cet obstacle en mettant au point un procédé innovant. Ils ont utilisé la levure, notamment la Saccharomyces boulardii, qu’ils ont génétiquement modifiée pour capter le calcium et le phosphate présents dans l’urine et les transformer en hydroxyapatite.
Ce micro-organisme, reconnu pour sa résistance et sa facilité de culture, agit alors comme un substitut aux cellules humaines spécialisées. Selon les chercheurs, “le rendement obtenu est d’un gramme d’hydroxyapatite pour un kilogramme d’urine”, un résultat prometteur qui pourrait encore être optimisé à l’avenir.
En plus de son efficacité, le procédé présente un avantage économique notable. Les auteurs de l’étude estiment qu’à San Francisco, “produire un kilogramme de ce composé coûterait environ 19 dollars”, soit bien moins que les méthodes traditionnelles utilisées jusqu’à présent.
Les auteurs du projet envisagent une application industrielle de leur méthode. Ils espèrent que cette technologie pourra être intégrée dans les stations d’épuration, permettant ainsi non seulement la production de grandes quantités d’hydroxyapatite, mais aussi une gestion plus efficace de l’élimination de l’urine.



