Des chercheurs éthiopiens et australiens se sont intéressés à la question suivante : les compléments alimentaires pris avant la grossesse réduisent-ils le risque d’autisme chez l’enfant ? Cette interrogation revêt une importance particulière puisqu’environ 7 500 bébés naissent chaque année en France avec un trouble du spectre autistique. Actuellement, 100 000 jeunes de moins de 20 ans et 600 000 adultes sont autistes selon la Haute Autorité de santé.
La communauté scientifique demeure divisée sur cette question. Les études menées produisent des résultats divergents et parfois contradictoires. Certaines recherches montrent une association entre la supplémentation maternelle en acide folique et multivitamines et une baisse du risque de trouble du spectre autistique, tandis que d’autres ne détectent aucun lien significatif. Ces divergences résultent de méthodologies d’études différentes et de variations importantes dans les protocoles utilisés.
Les micronutriments jouent un rôle fondamental lors du développement du cerveau fœtal. L’acide folique favorise la méthylation de l’ADN et la régulation épigénétique qui influencent le développement neurologique, tout en soutenant la formation du tube neural. Les multivitamines aident à maintenir l’équilibre immunitaire, modulent l’inflammation et soutiennent la synthèse des neurotransmetteurs, créant ainsi un contexte favorable au développement optimal du cerveau.
Pour clarifier la situation, les chercheurs ont analysé les données de plus de 3 millions de femmes enceintes provenant de 101 études regroupées dans huit revues systématiques et méta-analyses. Sur ces huit revues, six confirmaient l’association entre la supplémentation prénatale et une réduction du risque d’autisme, tandis que deux n’en rapportaient aucune. L’analyse combinée révèle une réduction de 30 % du risque de trouble du spectre autistique.
Les résultats détaillés montrent que la prise de multivitamines réduit le risque d’autisme de 34 %, tandis que la supplémentation en vitamine B9 le réduit de 30 %. Ces données confortent l’importance d’une supplémentation prépartum en acide folique et multivitamines. Les auteurs recommandent l’intégration systématique de ces suppléments avant la conception, en poursuivant jusqu’au début de la grossesse.



