
Alors que beaucoup revendiquent un mode de vie nocturne, la science met en garde contre les effets de ces habitudes sur la santé mentale. Selon une étude finlandaise, les personnes ayant tendance à se coucher tard présentent un risque accru de symptômes dépressifs et recourent plus fréquemment à des antidépresseurs.
Les chercheurs identifient deux grands profils de dormeurs : ceux qui préfèrent veiller tard, appelés chronotypes tardifs, et ceux qui privilégient un coucher précoce, les chronotypes matinaux. Leur analyse suggère que la propension à retarder l’heure du coucher est étroitement liée à des troubles de l’humeur.
Les individus qui s’endorment tard sont donc davantage exposés à la dépression. Ils sont aussi plus sujets à des troubles sévères de l’humeur et, d’après certaines recherches, un lien existerait entre le coucher tardif et le névrosisme—une tendance à ressentir principalement des émotions négatives telles que la rancune ou la colère.
La rumination, soit la tendance à ressasser des pensées négatives, apparaît particulièrement marquée chez ces couche-tard. L’étude précise : « Une explication probable est que la rumination a tendance à se produire en fin de journée plutôt que le matin. Comme les chronotypes du soir ont un rythme circadien retardé et restent éveillés plus tard dans la nuit, ils ont plus de temps pour ruminer, ce qui augmente potentiellement leur risque de symptomatologie dépressive ».
Cependant, les données restent encore limitées et ne permettent pas de tirer des conclusions définitives. Le lien entre le manque de sommeil et la prévalence d’émotions négatives n’est toutefois pas une idée nouvelle, et la qualité du sommeil demeure un facteur déterminant du bien-être général.
Un sommeil perturbé se répercute non seulement sur la santé mentale, mais également sur la santé physique. Les conséquences peuvent être particulièrement marquées chez les adolescents et les jeunes adultes, dont les habitudes de sommeil sont souvent loin d’être optimales.
Les scientifiques finlandais avancent quatre pistes pour expliquer pourquoi le risque dépressif est plus élevé chez ceux qui veillent tard : une consommation d’alcool plus importante, la prégnance de la rumination, une moins bonne qualité du sommeil, et un niveau de pleine conscience plus faible, qui rend difficile la gestion des émotions négatives.



