Animaux

Le gène KEAP1 : une étude explique l’origine de la forte endurance des chevaux

Baptiste Lacomme

Une récente recherche de l’université Vanderbilt, publiée dans la revue Science, éclaire l’exceptionnelle endurance des chevaux par une explication moléculaire. Ces animaux bénéficieraient d’une mutation génétique sur le gène KEAP1, qui optimiserait leur résistance musculaire et leur gestion énergétique.

Les chevaux sont capables de galoper pendant de longues périodes sans montrer de signes de fatigue, et cette capacité pourrait être attribuée à une origine génétique. La mutation du gène KEAP1 aurait émergé chez l’ancêtre commun des équidés, influençant le métabolisme cellulaire et la réponse au stress oxydatif.

Le métabolisme aérobie, essentiel à la production d’énergie sous forme d’ATP, utilise l’oxygène pour transformer les nutriments en énergie cellulaire. Cependant, ce processus génère des espèces réactives de l’oxygène (ROS), des composés potentiellement nocifs pour les cellules.

Le stress oxydatif se produit lorsque les ROS excèdent la capacité antioxydante de l’organisme, menant à des dommages cellulaires et des maladies chroniques. Les chevaux semblent mieux gérer ce stress grâce à une modification du système NRF2/KEAP1, crucial pour l’équilibre cellulaire.

Dans des conditions normales, KEAP1 inhibe NRF2, empêchant sa fonction antioxydante. Chez les chevaux, une mutation affaiblit cette inhibition, permettant à NRF2 d’activer des défenses contre les ROS de façon continue, renforçant ainsi la résistance musculaire.

Les chercheurs notent une similitude entre cette mutation équine et celle observée chez les oiseaux, réputés pour leur endurance. “Les mutations aviaires et équines sont différentes, mais elles ont le même effet, à savoir que KEAP1 remplit moins bien son rôle d’inhibiteur,” explique Gianni Castiglione.

Cette convergence évolutive suggère un problème commun dans la gestion des ROS lors d’exercices prolongés. Comprendre ces mécanismes pourrait offrir de nouvelles perspectives sur l’endurance animale et peut-être même humaine.

 

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