Civilisations

Que disent les études sur l’espérance de vie de l’homme préhistorique ?

Baptiste Lacomme

L’idée largement répandue selon laquelle « Mourir à 30 ans, c’était déjà vieux à l’époque de la préhistoire » revient souvent dans les discussions et les manuels scolaires. Pourtant, cette affirmation, répétée à l’envi, relève davantage d’un mythe que d’une vérité scientifique.

Les recherches archéologiques et paléogénétiques récentes nuancent fortement cette perception. Si l’espérance de vie moyenne était effectivement plus faible qu’aujourd’hui, cela ne signifiait pas que tous les humains préhistoriques décédaient avant 30 ou 40 ans. Certains individus atteignaient, voire dépassaient, la cinquantaine.

L’analyse des squelettes anciens et les datations au carbone 14 permettent aujourd’hui de mieux comprendre la réalité du quotidien de ces populations. Les scientifiques s’accordent à dire que la notion de « vieillesse » à la préhistoire était bien plus complexe qu’on ne l’imagine généralement.

La raison principale de cette faible moyenne d’âge réside dans une mortalité infantile très élevée. Comme l’indique un article du site Our World in Data, « jusqu’à 40 % des individus mouraient avant l’âge de 15 ans, ce qui fait mécaniquement chuter la moyenne de vie à la naissance. » Survivre à l’enfance représentait donc un enjeu majeur pour ces sociétés.

Ce phénomène s’est accentué avec l’arrivée de l’agriculture au Néolithique. Cette révolution a certes permis une croissance démographique, mais elle s’est accompagnée d’une détérioration de la santé. Les premiers agriculteurs, moins bien nourris que les chasseurs-cueilleurs, vivaient dans des conditions souvent plus précaires.

Un article scientifique relayé dans Science Direct précise que l’espérance de vie à l’âge adulte est passée à 32 ans pour les hommes et 25 ans pour les femmes chez les premiers agriculteurs, contre respectivement 33 et 29 ans chez les chasseurs-cueilleurs. La taille moyenne des individus a également diminué, témoignant d’un régime alimentaire moins équilibré.

Ce n’est qu’au XXe siècle que l’espérance de vie a connu une hausse spectaculaire. Les chercheurs du Max Planck Institute soulignent que « les principales évolutions de longévité humaine se sont produites en à peine 4 ou 5 générations », alors que l’évolution biologique avait été beaucoup plus lente auparavant.

L’amélioration de la nutrition, de l’hygiène et de l’accès aux soins, notamment avec la découverte de la pénicilline, a permis de réduire massivement la mortalité précoce. De nos jours, les enfants des sociétés modernes encourent beaucoup moins de risques que ceux des sociétés préhistoriques ou de chasseurs-cueilleurs.

Cependant, cette progression rapide n’est pas sans poser de nouvelles questions. Certains scientifiques s’interrogent sur la durabilité de cette longévité face à des menaces contemporaines comme l’obésité, la pollution ou les changements climatiques.

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