Espace

Les lunes du Système solaire s’avèrent être les meilleures candidates potentielles pour accueillir la vie selon de nouveaux indices

Romain Mazzotti

Plusieurs lunes du système solaire, notamment Encelade, Titan, Ganymède et Europe, orbitent autour de Saturne ou Jupiter. Recouvertes de glace épaisse, ces astres intéressent particulièrement les chercheurs en quête de vie extraterrestre. Sous leurs couches glaciaires pourraient exister des océans souterrains contenant les éléments essentiels : eau liquide et chaleur suffisante pour soutenir une biologie.

Des découvertes récentes publiées dans Nature Astronomy révèlent que ces océans bouilliraient. Cette conclusion provient d’une étude reconstructisant l’histoire géologique de ces mondes. Les chercheurs ont modélisé leur formation et l’épaississement progressif de leurs calottes glaciaires, permettant une meilleure compréhension des processus thermiques internes.

Lors de la formation des couches de glace externe, ces astres se sont dilatés, puisque la glace occupe plus d’espace que l’eau liquide. Cette expansion a créé d’énormes fractures visibles, particulièrement sur Encelade où apparaissent des zébrures caractéristiques appelées « rayures du Tigre », des fissures s’étendant sur plusieurs kilomètres.

À mesure que la glace fond sous l’effet de la chaleur souterraine, la pression interne diminue progressivement. Un point critique spécifique émerge : le point triple, où température et pression permettent à l’eau de coexister simultanément sous forme liquide, solide et gazeuse. L’eau liquide située immédiatement sous la glace commence alors à s’évaporer.

Les scientifiques précisent que cette ébullition se produit à des températures très basses, contrairement à l’ébullition terrestre dépassant cent degrés. Cet environnement froid et bouillonnant reste compatible avec l’émergence de vie. Les processus chimiques dynamiques favorisent la formation de molécules complexes, piégeant des gaz libérés ultérieurement par les variations thermiques.

Les futures missions d’exploration, notamment celle ciblant Titan, apporteront des données cruciales confirmant cette chimie interne. Les scientifiques cherchent à comprendre comment ces mécanismes thermiques se manifestent observationnellement et s’ils corroborent l’hypothèse d’habitats potentiellement vivables au sein de ces mondes glaciaires lointains.

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