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Les enregistrements du rover Nasa sur Mars révèlent un phénomène scientifique jusque-là jamais observé par les chercheurs

Rob Laurens

La surface de Mars présente une activité atmosphérique remarquable malgré son apparence inhospitalière. Bien que la croûte martienne soit gelée depuis plusieurs milliards d’années, la planète connaît des phénomènes météorologiques spectaculaires. En 1971, la sonde Mariner 9 a révélé l’existence de tempêtes globales de poussière d’une durée impressionnante, capable d’envelopper entièrement la planète.

Les vents martiens, bien que pouvant dépasser 100 km/h, n’exercent qu’une faible puissance en raison de la très basse pression atmosphérique. Une rafale de 150 km/h n’équivaut qu’à une légère brise terrestre. Ces vents ne soulèvent que des particules extrêmement fines, incapables de renverser les rovers ou d’endommager les infrastructures humaines. Le véritable danger réside dans l’accumulation progressive de poussière sur les équipements.

Au-delà des tempêtes, Mars produit d’autres phénomènes atmosphériques actifs : les tourbillons de poussière, appelés « dust devils ». Découverts en 2005 par le rover Spirit dans le cratère Gusev, ces formations se créent lorsque l’air chaud s’élève en tournoyant. Sur Mars, la gravité réduite permet des tourbillons bien plus importants que sur Terre. Ces phénomènes ne présentent aucun danger et peuvent même nettoyer les panneaux solaires des rovers.

Le rover Perseverance, équipé d’un microphone, a enregistré pour la première fois le passage de deux tourbillons de poussière. L’analyse scientifique de ces enregistrements a révélé une découverte inattendue : de petites décharges électriques générées par le frottement des grains. Ce phénomène, semblable aux arcs électriques produits en retirant un pull en laine, n’avait jamais été clairement identifié dans l’atmosphère martienne auparavant.

Ces décharges électriques influencent la chimie de l’atmosphère martienne en accélérant la formation de composés hautement oxydants. Ces molécules réagissent avec d’autres éléments atmosphériques, notamment le méthane, ce qui pourrait expliquer pourquoi ce gaz reste étonnamment rare malgré les détections ponctuelles. Les charges électriques modifient également le transport de la poussière, un facteur clé du climat martien, et pourraient représenter un risque pour les équipements électroniques des missions futures.

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