
Une équipe de chercheurs a découvert que neuf espèces d’oiseaux reproduisent avec une précision remarquable les sons du droïde R2-D2. Cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, s’appuie sur des enregistrements de chants d’oiseaux disponibles en ligne. Les perroquets, perruches ondulées et étourneaux sansonnets figurent parmi les espèces étudiées.
Les scientifiques ont effectué des analyses acoustiques détaillées pour comparer les cris de chaque oiseau avec un modèle sonore du personnage cinématographique. Les résultats révèlent que les étourneaux demeurent les meilleurs imitateurs, produisant des gazouillis robotiques d’une authenticité stupéfiante et étonnamment convaincante.
Cette aptitude exceptionnelle provient du syrinx, l’organe vocal unique aux oiseaux situé à la base de la trachée. Les étourneaux possèdent une capacité particulière nommée multiphonie : produire simultanément deux notes distinctes. Cette double émission sonore leur permet de reproduire la complexité acoustique caractéristique du droïde.
En contraste, les perroquets et perruches ne génèrent que des sons monophoniques, limités à une seule fréquence tonale. Selon Nick Dam de l’Université de Leiden, les étourneaux contrôlent indépendamment les deux côtés du syrinx, tandis que les perroquets en sont physiquement incapables, ce qui explique leur limitation sonore.
Les origines de ces différences biologiques restent énigmatiques. Lauryn Benedict, biologiste du Colorado, suppose qu’un ancêtre commun des oiseaux chanteurs aurait développé un contrôle musculaire plus raffiné du syrinx, probablement pour attirer les femelles lors de l’accouplement. D’autres scientifiques suggèrent que l’apprentissage sonore et les mécanismes de récompense jouent également un rôle significatif.
Les chercheurs envisagent une collaboration avec le public via le projet participatif The Many Parrots Project. Cette initiative invite les particuliers à soumettre des imitations sonores de perroquets et potentiellement d’autres personnages de science-fiction. Un échantillon plus vaste permettrait de tester des sons variés et d’approfondir la compréhension de l’évolution du langage animal.



