
Le projet du Thirty Meter Telescope, un instrument terrestre de 30 mètres de diamètre, envisage désormais une implantation sur l’île de La Palma en Espagne. Cette réorientation intervient après des tensions persistantes avec les populations autochtones hawaïennes, qui considèrent le Mauna Kea comme un site sacré. Les oppositions locales ont rendu impossible la construction initiale à Hawaï. Le projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions prestigieuses, notamment l’Institut de technologie de Californie, diverses universités et organismes gouvernementaux internationaux.
Depuis 2014, des manifestants hawaiiens s’mobilisent contre l’installation du télescope sur le Mauna Kea, malgré l’approbation officielle du gouvernement territorial. Une nouvelle structure de gouvernance intègre désormais les praticiens autochtones pour mieux équilibrer les enjeux scientifiques et culturels. Cette montagne accueille déjà plusieurs instruments majeurs, dont les télescopes Keck et Subaru, renforçant les préoccupations environnementales et spirituelles des communautés locales.
Le retrait du soutien de la National Science Foundation américaine constitue un tournant décisif. La NSF a choisi de financer le Giant Magellan Telescope en cours de construction au Chili, estimant impossible de soutenir simultanément deux projets majeurs. Cette décision libère la voie pour une offre espagnole proposant 400 millions d’euros d’investissement en échange de l’implantation à La Palma.
Plusieurs sites potentiels ont été évalués, notamment aux Canaries, au Chili et en Asie. La concurrence intense entre projets géants au Chili justifie un emplacement dans l’hémisphère Nord. Cette localisation permettrait d’observer des portions du ciel inaccessibles depuis l’hémisphère Sud, optimisant la couverture astronomique globale malgré des conditions d’observation moins idéales.
Le sommet de La Palma s’élève à 2 250 mètres, bien en dessous du Mauna Kea à 4 050 mètres. Les astronomes reconnaissent que les conditions atmosphériques à La Palma réduiront l’efficacité observationnelle. Certaines observations nécessiteront jusqu’à 20 pourcent de temps supplémentaire, mais les objectifs scientifiques majeurs restent atteignables, notamment l’étude de l’énergie noire et l’évolution des exoplanètes.
L’Espagne invite activement d’autres nations européennes à cofinancer le projet, le budget total dépassant 3,5 milliards de dollars. La contribution espagnole demeure insuffisante pour compléter l’ensemble du financement nécessaire. Une décision du conseil d’administration sur cette relocalisation pourrait permettre un démarrage des travaux rapidement, selon les responsables du projet.



