
La dépression post-partum, souvent associée aux mères, commence à être discutée aussi chez les pères, bien que timidement. Des études récentes montrent que cette condition affecte près de 10 % des hommes durant la grossesse de leur partenaire, avec un pic à 14 % pendant le premier trimestre.
Après l’arrivée d’un enfant, environ 9 % des pères souffriraient de dépression, particulièrement entre trois et six mois après la naissance. Robyn Horsager-Boehrer, médecin, observe que les symptômes chez les pères peuvent inclure non seulement la fatigue et les changements d’appétit, mais aussi de la colère et des difficultés de concentration.
Divers facteurs peuvent accroître le risque de dépression chez les pères. La dépression de la mère est un facteur significatif, affectant souvent le père. Environ la moitié des pères dont la partenaire est dépressive présentent également des symptômes. D’autres éléments tels que le sentiment d’exclusion ou des insatisfactions conjugales jouent aussi un rôle.
Les pères ayant du mal à accepter leur nouveau rôle, ceux souffrant de manque de sommeil ou qui ont un enfant avec des besoins particuliers, sont plus à risque. Les inquiétudes économiques ou un historique de problèmes de santé mentale sont également des facteurs aggravants.
Malgré ces risques, l’aide pour les pères dépressifs reste difficile à obtenir, la priorité étant souvent donnée à la mère. Une étude de McGill révèle que seulement 23 % des pères ont parlé de leurs sentiments, bien que 35 % auraient voulu le faire mais ne savaient pas comment.
Selon Jonathan R. Scarff, psychiatre, la dépression paternelle a des conséquences sérieuses sur l’enfant, pouvant mener à des problèmes émotionnels ou comportementaux. Ainsi, il est crucial de reconnaître et adresser la dépression chez les pères pour le bien-être de toute la famille.



