
Les Aymaras constituent un peuple autochtone majeur des Andes, établi principalement en Bolivie, au Pérou et au Chili. Cette communauté indigène compte environ 2,3 millions de membres et maintient des traditions ancestrales adaptées aux conditions exigeantes de l’Altiplano. Leur langue, l’aymara, demeure parlée par deux millions de locuteurs et représente un élément fondamental de leur identité culturelle.
La Bolivie accueille la concentration la plus importante d’Aymaras, avec environ 1,6 million de résidents. La ville d’El Alto illustre cette présence dominante, où quatre-vingts pour cent de la population revendique des origines aymaras. L’Argentine héberge également une petite communauté aymara dans sa région nord-est. Les Aymaras se sont installés aux abords du lac Titicaca plusieurs siècles avant notre ère, puis ont étendu leur influence culturelle à travers la cordillère des Andes au VIIIe siècle.
L’aymara, aussi orthographié aimara, représente la langue du peuple depuis des millénaires. Cette langue amérindienne occupait un statut officiel durant l’Empire inca avant la conquête européenne. Depuis 2009, elle retrouve sa reconnaissance institutionnelle en Bolivie et au Pérou. Deux dialectes existent actuellement : l’aymara central, parlé dans trois pays, et l’aymara méridional, limité au territoire péruvien.
L’étymologie du terme aymara provient d’ayma-ra-mi, signifiant littéralement lieu aux nombreuses fermes partagées. Avant l’arrivée des Espagnols, cette langue était désignée comme langue des Colla, peuple qui dominait la cité de Tiwanaku au premier siècle. Le juriste et commerçant Polo Ondegardo aurait formalisé l’appellation aymara pour identifier cette langue en mille cinq cent cinquante-neuf.
Les Aymaras excellent dans le filage et la confection textile traditionnels. Ils produisent des vêtements distinctifs en laine de lama ou d’alpaga, notamment le poncho, le chullo et l’aguayo, décorés de motifs géométriques colorés selon des techniques ancestrales. Les femmes se distinguent par le bombín, chapeau melon adopté au vingtième siècle. L’agriculture demeure leur principale activité économique, cultivant pomme de terre, quinoa et maïs tout en élevant des camélidés.



