
En Espagne septentrionale, des archéologues ont mis au jour un crâne humain logé entre les pierres du fort de La Loma, datant de deux millénaires. Cet os appartient à un guerrier cantabre décédé lors du siège de l’an 25 avant notre ère. Les Romains auraient décapité ce combattant et exposé sa tête sur le rempart afin d’intimider les populations de la région, selon les conclusions présentées au Journal of Roman Archaeology.
Cette mise en scène macabre s’inscrit dans les tactiques guerrières romaines du premier siècle avant Jésus-Christ, menées par Octave, le futur empereur Auguste. Les Cantabres constituaient une population guerrière celte implantée dans le nord ibérique actuel. Rome cherchait à conquérir l’ensemble de la Hispanie pour asseoir sa domination sur la péninsule.
Les fouilles autour du site ont révélé plusieurs centaines de projectiles, attestant d’un bombardement massif lors des derniers moments du fort. Des fragments d’armures et de lames éparpillés à travers les ruines témoignent d’affrontements directs acharnés entre défenseurs locaux et légionnaires romains.
Au terme de ce combat brutal, les Romains émergent vainqueurs et décident ultérieurement d’abandonner cette position. Ils entreprennent une destruction systématique des fortifications, laissant les murs s’écrouler et enfouissant les restes des résistants cantabres sous les décombres.
Le crâne découvert gisait fragmenté dans un recoin du site. L’analyse génétique établit qu’il appartenait à un homme régional ayant vécu environ quarante-cinq ans. Aucune trace de sépulture ni du reste du squelette n’a été localisée aux alentours.
Les traces d’écaillage, la teinte pâle de l’os, l’état lacunaire du crâne et l’absence d’autres ossements permettent aux chercheurs de conclure que la tête a intentionnellement été exposée aux intempéries plutôt que régulièrement inhumée.
Selon Santiago Domínguez-Solera, directeur d’Heroica Archaeology, cette hypothèse correspond aux caractéristiques observées de la structure crânienne. La destruction des murs a provoqué la fracture de ce reste osseux, démontrant que la tête était demeurée visible pendant plusieurs mois. Les Romains l’avaient placée au sommet du mur en symbole de conquête. Lors du démantèlement définitif de la forteresse, ce macabre trophée serait tombé et s’est retrouvé enfoui sous les matériaux effondrés.



