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Une intelligence artificielle capable de traiter les informations à la vitesse de la lumière vient de voir le jour

Rob Laurens

Des chercheurs de l’Université Aalto ont accompli une percée majeure en démontrant qu’il est possible d’effectuer des calculs tensoriels complexes en une seule étape, à la vitesse de la lumière. Cette approche révolutionnaire utilise les propriétés optiques plutôt que les processeurs électroniques classiques. Elle pourrait transformer radicalement la manière dont les machines apprennent et traitent l’information, tout en réduisant considérablement la consommation énergétique des systèmes d’IA.

Actuellement, toutes les applications d’intelligence artificielle reposent sur des opérations tensorielles complexes qui manipulent des données multidimensionnelles. Ces calculs sont au cœur de l’apprentissage profond, mais constituent un goulot d’étranglement croissant. Les GPU et circuits électroniques atteignent leurs limites en termes de vitesse, d’évolutivité et de consommation d’énergie, particulièrement face à l’explosion des données numériques.

Le groupe dirigé par le Dr Yufeng Zhang a développé une méthode qui encode les données numériques dans l’amplitude et la phase des ondes lumineuses. Ces ondes interagissent naturellement, effectuant instantanément les multiplications matricielles et tensorielles qui constituent le cœur des algorithmes d’IA. L’introduction de plusieurs longueurs d’onde étend cette approche aux tenseurs d’ordre supérieur.

Cette technique fonctionne de manière passive et simultanée : la lumière effectue tous les calculs parallèlement lors de sa propagation, sans nécessiter de contrôle actif ou de commutation électronique. Tous les calculs se déroulent donc en parallèle, à la vitesse de propagation de la lumière, contrairement aux approches séquentielles traditionnelles.

L’impact potentiel de cette technologie est considérable. En remplaçant les circuits électroniques par des circuits optiques, il devient possible de traiter des volumes massifs de données avec une consommation énergétique très faible, tout en accélérant les tâches complexes d’apprentissage automatique. Les chercheurs envisagent d’intégrer ces méthodes directement sur des puces photoniques.

Cette avancée pourrait révolutionner de nombreux domaines, de la robotique à la médecine, en passant par l’analyse de données massives et la conduite autonome. D’ici trois à cinq ans, cette technologie pourrait être déployée sur des plateformes existantes, ouvrant la voie à une nouvelle génération de systèmes informatiques optiques propulsés par la lumière elle-même.

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