Espace

L’affaiblissement progressif du champ magnétique terrestre constitue une menace potentielle pour la sécurité des astronautes en orbite

Rob Laurens

Le champ électromagnétique terrestre assure une protection essentielle contre les particules solaires radioactives. Lorsque ces particules heurtent ce bouclier invisible, elles créent des aurores boréales spectaculaires. Sans cette protection, la vie sur Terre serait directement exposée à une radioactivité dangereuse. Cependant, une anomalie magnétique s’affaiblit dramatiquement dans l’Atlantique Sud.

Des chercheurs danois ont analysé les données des satellites Swarm de l’Agence spatiale européenne pour étudier cette anomalie magnétique de l’Atlantique Sud. Cette région présentait déjà un champ électromagnétique plus faible que partout ailleurs. Depuis 2014, cette zone s’est agrandie considérablement, atteignant une largeur équivalente à la moitié de l’Europe selon les mesures effectuées.

Le champ électromagnétique s’étend bien au-delà de la surface terrestre, protégeant les satellites en orbite basse et les objets lancés par l’homme dans l’espace. Les astronautes de la Station spatiale internationale bénéficient également de cette protection contre les particules radioactives. Les chercheurs alertent maintenant sur les dangers accrus pour ces infrastructures et ces personnes lorsqu’elles traversent l’anomalie de l’Atlantique Sud.

Les satellites absorbent davantage de particules chargées en zone faible, ce qui provoque des défaillances électroniques potentielles, selon Chris Finlay, auteur principal de l’étude. Pour les astronautes, l’exposition augmente considérablement dans cette région. Ils courent des risques accrus de dommages à leur ADN et de développer un cancer. Les systèmes embarqués peuvent également connaître des dysfonctionnements graves.

Le champ magnétique terrestre reste faible comparé à de simples aimants terrestres, variant entre 22 000 et 67 000 nanoteslas. Dans l’anomalie de l’Atlantique Sud, l’intensité descend sous 26 000 nanoteslas. Les mesures satellitaires révèlent une baisse spectaculaire de 336 nanoteslas depuis 2014, réduisant l’intensité à 22 094 nanoteslas dans cette zone critique.

D’autres modifications du champ magnétique terrestre se manifestent ailleurs. La région au-dessus du Canada s’est rétrécie de 0,65% depuis 2014 et son intensité a diminué, bien que restant relativement puissante. Inversement, la zone située au-dessus de la Sibérie s’étend de 0,42% et gagne en intensité, atteignant maintenant 61 619 nanoteslas.

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